dimanche 23 octobre 2016

Des fonds de tiroirs...


            Hier aux nouvelles, j'écoutais un reportage qui mettait en vedette le célèbre et unique chanteur Charles Aznavour. Du haut de ses 92 ans, le sourire éclatant et la voix mélodieuse il faisait un discours à son public et leur annonçait qu'il entamait une tournée internationale en offrant ses plus belles performance mais aussi... ses fonds de tiroirs. Il s'est expliqué en disant que parmi toute la panoplie des plus de 800 chansons qu'il avait composé et même chanter, il avait des titres que les gens laissaient dans leur fond de tiroir après avoir écouté sur une plaque de vinyle leurs morceaux favoris. Si nous replongeons dans les années 40, 50 et 60, quand les gens aimaient un chanteur ils achetaient son disque de vinyle et étaient dans l'obligation de passer en revue toutes les chansons avant de tomber sur leurs coups de coeur. Ce génie de la chanson française a  eu raison car sa tournée à peine entamée les gens peinent à trouver des places pour assister à ses concerts.
           C'est un concept intéressant si nous revenons dans notre cher temps moderne, épuré et futuriste: en effet, à force de choisir les titres que nous accrochent, nous ne sommes plus en mesure de découvrir l'ensemble de l'oeuvre. Pire encore, les chanteurs et les artistes de ma génération sont souvent critiqués sur leurs chansons thèmes au lieu de l'album au complet. C'est fou! Les concepts de disques platine ou d'or ne sont plus de mise car nous connaissons maintenant les palmarès des hit charade. Eh bien, c'est exactement la même chose de mon côté. J'ai beaucoup écrit durant mon enfance et pas une seule fois j'ai publié quoi que ce soit de mon propre chef. Certes, j'étais rédactrice en chef du magazine de mon collège des cours classiques, plus exactement en terminale, et je publiais parfois des nouvelles tièdes que les jeunes filles de cette institution religieuses dévoraient littéralement. Vous me trouverez sévère en disait que mes nouvelles étaient tièdes mais vous imaginez-vous si j'avais publié des poèmes relatant des fantasmes ou même mes nouvelles d'épouvante dans mon école catholique? Je m'aurais faite excommunier et bonjour l'exclusion avec la punition que je ne veux même pas décrire de mes parents qui auraient été déçus par un tel choix. Ouf! Ce n'a pas été le cas, je ne vais pas extrapoler au delà de la réalité. Mais c'est quand même intrigant de constater à quel point les parents de ce célèbre chanteur que j'adulte d'ailleurs m'a fait remettre en perspective une tranche de vie de mon adolescence. 
                   C'est pour cela que j'ai voulu me relancer dans l'écriture. Quand je replonge dans mes cahiers manuscrits avec les pages froissées et tachées parfois par la fumée de la lampe kérosène qui me permettait d'écrire quand l'électricité était coupé. La chaleur, les moustiques et l'obscurité ne m'effrayaient pas parce que je m'accrochais à l'idée que mes efforts et sacrifices finiraient par payer. Je suis soulagée de me retrouver peu à peu dans mes écrits car avec toutes les épreuves qui m'ont changée et transformée au fil des ans, j'avais peur de ne plus retrouver l'essence de moi-même. C'est avec gratitude que je replonge dans mes fonds de tiroirs pour m'accrocher à la littérature comme une planche de salue au milieu de la tourmente. 
Alexa M

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