lundi 27 février 2017

Compagnon d'une nuit


Compagnon d'un nuit

Il l'a désirait par une décennie, pour une vie;
Elle ne voulait de lui qu'une nuit sans issue.
Il n'avait souhaité que l'amour et le bonheur; 
Elle désirait son corps, son être et son âme 
Pour une seule nuit que l'aube chasserait vite.
Pour l'avoir tant cherchée pour risquer la perdre ensuite, 
Il dût accepter ce caprice avec peine,
Qui l'eût coûté tant d'amour et de larmes amères.

Elle l'avait choisi lui pour achever sa vie
Que les malheurs avaient longtemps assiégées.
Certains la jugeraient mais lui comprendrait une fois le choc passé.
Pour une fois à présent, elle serait mettre de son destin,
Parce qu'après toutes ces années, elle aurait enfin lui plaisir de vivre à sa guise.

Malgré toutes ses conditions qui lui échappaient, il était heureux
Parce que, pour une fois, elle serait totalement à lui. 
Il se disait qu'il devrait profites du moment 
Pour ne pas gâcher cette opportunité inespérée qu'elle lui offrait.
Il se disait que peut-être qu'après cette nuit, elle serait plus clément.

Tout s'était déroulé merveilleusement bien comme elle l'avait prévu:
Elle s'était donnée entièrement à lui sans la moindre retenue. 
Il semblait heureux et comblé comme s'il avait compté les étoiles du firmament.
Son coeur battait si fort  qu'il hésitait à formuler sa demande répétée dans son coeur.
Entre le silence et leurs souffles courts, seuls leurs coeurs battaient un duo effréné.

N'y tenant plus, il glissa sa main dans la sienne et s'y lança:
Amour éternel, mariage, enfants, famille...
Il n'avait rien omis, ses doigts pressaient les siens d'accepter.
Mais chose curieuse, elle se contenta de sourire tristement
Puis une larme s'écoula de ses paupières mi-closes.

Soudainement il comprit l'infâme vérité qui lui broya le coeur :
L'aube s'était pointée, la nuit était chassée.
Elle se retirait aussi comme si l'aube la volait.
Son sourire se figea puis ses yeux se fermèrent;
Son coeur fut lui dernier à lui dire adieu à tout jamais.

Couvrant le corps inerte de baisers et de larmes,
L'homme saisi d'un désespoir sans pareil fut rattrapé par la réalité:
Sa muse, atteinte de cancer terminal, avait préféré partir heureuse dans ses bras
Au lieu de finir ses jours dans des affreuses souffrances et ne plus se reconnaitre.
Elle avait fait de lui son compagnon d'une nuit mémorable
Et emporté avec elle des souvenirs qu'elle avait choisi de graver dans son coeur. 
Alexa Madrexx

lundi 20 février 2017

Version anglaise du tome 2 "Forfait parental tout inclus" à venir

   

      Bon! Quand il faut y aller, faut y aller! Je ne suis guère une auteure rigoureuse avec un agenda strict. J'ai abandonné cette idée depuis des lustres. Je vis au gré des caprices de ma santé qui est très peu clémente ces jours-ci. J'ai manqué de motivation puis je me suis rendue compte que je récupère mon énergie après 22h, comme à l'université durant mes nuits blanches à étudier comme une damnée ou à rédiger une cinquantaine de pages de travaux. J'étais très productive à cette époque. Bref! revenons à nos moutons. Je ne fixerai pas d'échéancier mais je me mettrai dans les jours à venir sur la traduction anglaise du tome de mon roman. Le tome 1 a connu un franc succès tant que dans la langue de Molière que dans la langue de Shakespeare. Certes, je n'ai pas franchi la barre des 10 000 pages lues sur Kindle Amazon Limited mais je demeure optimiste qu'un jour. En attendant, je vais m'atteler à la tâche pour mener à bien ce projet à court terme.
Cordialement, Alexa M
      

Encore une petite promo gratuite


         Pour un jour seulement, j'offre à tous mes lecteurs la promotion gratuite de mon livre "Forfait parental tout inclus: l'autre famille dans le placard". Disponible sur les différents sites d'Amazon;  seul le format Kindle est concerné par cette promotion. Passez le mot car plus on est fou plus on rit! Bonne semaine à tous! 
Alexa Madrexx

dimanche 19 février 2017

Forfait parental tout inclus: l'autre famille dans le placard---extrait


Extrait

VIII
Surgie du passé
            Daniel s’épongea le front pour la quatrième après avoir vidé une bouteille d’eau glacée d’une seule gorgée. Il émit un long soupir de satisfaction. Sa course de cinq kilomètre lui avait fait du bien. Il aimait courir le soir parce que la chaleur était moins intense et l’air était plus sec surtout pour le début du mois septembre. Cela lui permettait également de se décharger du stress d’une longue journée de travail. Pourtant c’était différent ce jour-là : il avait passé la journée avec Henri à essayer son smoking, vérifier la salle de réception au Marriott et libérer son créneau horaire pour les trois prochaines semaines à venir. De son côté, Catherine avait pratiquement déménagé chez lui avec Karina. Leur fille avait grandi et rampait partout du long de ses cinq mois et trois semaines. Les mois avaient passé avec une telle vitesse qu’il n’avait même pas eu le temps de dire ouf. Il ne s’en plaignait pas : il était tout simplement heureux, euphorique aux frontières de la folie reconnut-il avec un sourire béant sur les lèvres qui dévoilèrent de belles rangées de dents blanches qui tranchaient avec la couleur caramel foncé de sa peau. Il ne s’habituerait jamais assez aux moments partagés avec Catherine et Abby, aux nuits passionnées eux elle et lui, à l’intensité de l’amour qu’il sentait grandir de jour en jour entre eux. Il lorgna le berceau qui avait trouvé sa place au milieu de sa grande chambre principale, non leur grande chambre principale corrigea t-il mentalement. Catherine voulait attendre qu’ils s’eussent mariés avant qu’elle déménage officiellement mais Daniel avait su la faire changer d’avis après avoir été témoin de la vie commune de Thomas et Amanda. Ces derniers étaient mêmes devenus des amis sincères du couple. Catherine, follement éprise de son fiancé, avait capitulée. Comment pouvait-il passer un jour sans la trouver en rentrant du travail pour l’embrasser langoureusement, partager les évènements de leurs journées respectives, émettre une centième fois un commentaire sur la dernière photo de leur fille qu’elle lui avait envoyée, border Abby et chérir sa douce moitié pour découvrir l’amante incroyable qu’elle pouvait être? Simplement à l’évocation de ces souvenirs torrides, son corps réagit au quart de tour mais il se sermonna. Il allait être privé de Catherine pendant cinq longs jours avant leur mariage jeudi prochain. Il avait tellement hâte qu’il en rêvait tous les soirs! Depuis que Vanessa, la sœur ainée de Catherine, était rentrée de New York et séjournait chez elle pour leur mariage, toutes les sœurs Abellard avaient confisqué sa dulcinée avec Abby et les avaient condamnées à rester loin de lui jusqu’au jour J. Dieu que ses femmes lui manquaient! Ces cinq jours allaient être pour lui comme une éternité mais heureusement qu’ils allaient être unis pour toute la vie. Ils se parlaient tous les jours au téléphone et la jeune femme n’avait pas caché à quel point il lui manquait lui aussi. Ils attendaient tous les deux ce jour avec une impatience juvénile. L’alarme de son téléphone portable retentit, brisa le silence qui régnait en mettre et le ramena brutalement à la réalité. Il s’était assis sur le bord du lit avant de se perdre dans ses pensées. Il était exactement dix-sept heures. Il était grand temps qu’il file sous la douche pour se préparer pour son enterrement de vie de garçon. Henri et ses amis l’attendait pour dix-heures au restaurant méditerranéen Madgoos où son groupe String performait ce soir. Catherine devait sortir avec ses sœurs et ses amies ce soir également; ses parents garderaient Abby. Il s’étira pour se décider enfin d’aller prendre sa douche. Une bonne dizaine de minutes plus tard, il enfila une chemise de cachemire vert topaze imprimé sur un pantalon bleu nuit. Il vaporisa sur lui quelques jets du parfum Giorgio Armani que Catherine l’avait offert; elle aimait tout particulièrement cette odeur sur lui la preuve, sa chemise froissée échouait par terre dès qu’elle s’approchait d’elle pour s’en délecter.
         Daniel retint un juron quand il entendit des coups résonner sur le grand portail principal. Il n’attendait personne. Qui cela pouvait-il bien être? Il descendit les marches d’un pas rapide en contenant à grande peine son impatience. Il ne voulait pas être en retard. Une fois arrivé à la cour, pendant qu’il contournait sa Jeep Renagate pour atteindre le portail, une idée fugace lui traversa l’esprit : Catherine pousserait-elle l’audace de lui faire une visite surprise avant qu’il s’en allât à son enterrement de vie de garçon? Un sourire mutin se dessina sur ses lèvres à cette pensée fantaisiste mais il prit son air le plus sérieux lorsqu’il débarra le verrou de la porte. Daniel resta tétanisé, non son corps ne bougea pas d’un centimètre à sa vue. Seuls ses yeux dévisagèrent la personne en face de lui de la tête aux pieds avant que ses sourcils se froncèrent et que son regard se durcisse. Il sentit un étau lui étreindre le cœur et son sang ou ce qu’il en restait se figea dans ses veines. Ce n’était pas possible surtout pas comme un jour comme aujourd’hui enfin, jura t-il mentalement. Il maudit au passage le jour où il l’avait rencontrée. Une jeune femme d’environ trente-cinq ans se tenait sur le seuil de la porte, chaussait de jolies escarpins rouge qui allongeaient des jambes qui auraient tourné la tête d’autres hommes et son corps était moulée dans une robe d’été fleurie courte avec des manches en éventails. Elle avait les cheveux longs et bouclés, sûrement des extensions capillaires, pensa t-il aigrement en pestant à l’intérieur. Elle avait toujours aimé compliquer sa coiffure. Son maquillage rehaussait ses traits hautains et ses lèvres charnues qui lui avaient fait perdre la tête cinq ans auparavant. Sans attendre un mot de sa part, elle entra dans la cour. Ses talons résonnèrent dans le hall d’entrée jusqu’à la salle de séjour. Daniel ne disait toujours rien et se contentait de la suivre. Il était trop surpris par son audace pour réagir pour le moment. Une fois dans la pièce, elle se retourna d’un air noble et sourcilla.
-Je peux m’asseoir? Demanda t-elle d’un ton égal pour mettre un terme à leur joute silencieuse.
      Il se contenta de hocher la tête tout en continuant à l’observer. Il jeta un coup d’œil furtif sur sa montre : dix-huit heures. « Merde, jura t-il intérieurement, ça ne pouvait pas mieux tomber ». Il préféra rester debout pour garder l’avantage. Il glissa prestement la main dans sa poche pour récupérer son téléphone et envoya un texto à Henri pour lui signaler qu’il avait un empêchement capital qui le retardait. Il le remit ensuite dans sa poche puis attendit. La jeune femme s’était assise sur le sofa, les jambes croisées, visiblement mal à l’aise, son aplomb semblait avoir pris le large. Son teint devint livide quand ses yeux tombèrent sur le portrait familial  qui représentait Daniel, Catherine et Karina Abby; il trônait sur la table basse de l’ensemble cosy de la salle de séjour. Daniel eut un sourire sarcastique du coin des lèvres. Il n’avait jamais eu l’esprit vindicatif mais revoir son ex-fiancée admirer sa nouvelle famille était de loin la meilleure revanche qu’il n’aurait jamais souhaitée. Il ne l’avait pas revue depuis quatre ans depuis  l’époque qu’elle l’avait trompé avec son ex-copain, un condisciple de classe de Daniel alors qu’ils allaient convoler à leurs noces. Ils avaient rompu et s’étaient perdus de vue depuis. Jusqu’à cet instant précis.
-Je suis désolée de passer comme ça à l’improviste, reprit-elle d’une voix suave, je sais que tu n’aimes pas être pris au dépourvu.
-Au moins une chose que tu n’as pas oublié Tatiana, railla t-il en se croisant les bras comme s’il voulait lui montrait clairement qu’elle ne réussirait pas à l’amadouer deux fois.
      Elle lui jeta un regard désespéré avec ses prunelles brunes profondes soulignées par ses longs cils. « Tatiana Guillaume, combien d’hommes as-tu manipulé avec ces yeux avant moi »? Il l’avait aimé bien qu’elle avait tous les traits de personnalités qu’il détestait chez une femme : elle était orgueilleuse et têtue, impatiente, mauvaise perdante et jalouse. Paradoxalement, elle était très courageuse, avait de l’ambition à revendre et sans compter qu’elle était très désirable. Par le passé, elle l’avait captivé; il l’avait désirée et aimée. Il était satisfait que la revoir ne le troublât pas plus que ça. Il ne ressentait plus rien pour elle qu’une colère bien enracinée. Tant mieux pour lui!
-Peux-tu cesser? Lui intima t-elle au bout de quelques minutes.
-Quoi donc? S’enquit-il stupéfait en sourcillant.
-Ton regard inquisiteur, il me met franchement mal à l’aise.
-Ça ne te ressemble guère pourtant. Je te rappelle que je suis chez moi au cas où tu l’aurais oublié, dans mon salon.
-Oui, une maison qui est d’ailleurs magnifique. Ta femme a beaucoup de goût, susurra t-elle avec un regard espiègle.
-Ma future femme oui, rectifia t-il d’un ton froid. Merci du compliment. Que viens-tu faire ici? Je suis attendu ailleurs.
-Ah! Tu ne me facilites pas la tâche, dit Tatiana d’un air tragique en se prenant la tête dans les mains.
-Ok, dit-il seulement du bout des lèvres.
    Daniel sentit un frisson lui parcourir l’échine : il avait un très mauvais pressentiment.  Elle décroisa ses jambes, se redressa sur son séant et le regarda droit dans les yeux avant de déclarer d’une voix assurée.
-J’ai attendu quatre longues années parce que je n’ai pas eu le courage de t’affronter avant Daniel. Tu ne m’as jamais donné la chance de m’expliquer.
-Attends un peu, l’interrompit-il dans un rire jaune, si tu es venu pour ça, tu me fais perdre mon temps car j’ai un enterrement de vie garçon qui m’attend. Je t’accompagne à la sortie.
-Daniel s’il te plait, la supplia t-elle les yeux pleins d’eau.
-Ça suffit! Lui coupa t-il en lui agrippant le bras pour l’entrainer vers la porte d’entrée. Ma patience a des limites et je ne te permettrai pas de passer une minute de plus dans le foyer que ma fiancée et moi bâtissons avec amour pour notre enfant.
-Lâche-moi! Cria t-elle en dégageant avec force en dégageant son bras pour lui faire face.
    Les larmes avaient complètement séché pour faire place à un regard lacéré qui prit Daniel de court.
-Comment oses-tu me traiter ainsi? Vociféra t-elle hors d’elle. Je t’ai trompée d’accord mais ça ne te donne pas le droit de me traiter comme une guenille! Je suis venue ici parce que je n’ai pas eu le choix. Tu dois savoir la vérité avant de t’unir à ta princesse adorée Catherine Abellard.
-Je te défends de parler d’elle! Persiffla Daniel en serrant les poings. Pour la dernière fois, Tatiana, sors de chez moi et oublie-moi une fois pour toute!
-Jamais! Tu m’entends? Jamais! Riposta t-elle les poings sur ses hanches tout en la toisa de la tête aux pieds. Je t’ai perdu une fois, je ne te perdrai pas une deuxième fois.
-Tu as perdu la tête! Cria t-il à son tour, tremblant d’une rage à peine contenue. C’est quoi ton problème?
-Voilà mon problème! Scanda t-elle en lui plaquant son téléphone portable sous le nez.
    Sur l’écran, Daniel vit une fillette d’environ trois ans poser à côté de Tatiana. Sous l’effet de la surprise, il recula de quelques pas pour la dévisager à son tour comme s’il la voyait pour la toute première fois avant de s’esclaffer de rire. Tatiana resta coït.
-Bon sang! Qu’est-ce qu’il y a? demanda t-elle désarçonnée.
-Tu ne me mettras pas ça sur mon dos ma jolie. J’ai l’impression que tu ne te rappelles de moi comme tu le clames.
     Tatiana ria à son tour en rejetant sa tête en arrière avant de répondre d’un ton froid :
-Il n’est pas d’Édouard Devarieux si c’est ce que tu insinues. Il me semble Théodore que tes traitements pour la fertilité ont finalement fonctionné.
      Daniel blêmit et laissa ses bras tomber le long de son corps. La jeune femme jubilait. Elle se rapprocha de lui, lui déposa un bref baiser sur la joue avant de glisser une carte dans une des poches de son pantalon.
-Mes coordonnées au cas où tu ne les as plus. Appelle-moi pour convenir d’une rencontre avec notre fille. Elle a hâte de rencontrer son père et de faire partie de sa vie. Je demanderais au prêtre d’attendre encore un peu si j’étais toi, murmura t-elle contre son oreille. À très bientôt Dany!
     Elle pivota ensuite sur elle-même et fit résonner ses talons dans toute la pièce. Daniel ne bougea pas. Il l’entendit saluer joyeusement quelqu’un. Comme dans un rêve, il alla s’asseoir sur le sofa ou plutôt il s’y laissa tomber. 
(..)

          Catherine était arrivée depuis quinze minutes avec un pressentiment qu’elle ne pouvait s’expliquer. Elle avait convenue avec Daniel qu’ils ne se verraient pas avant le mariage jeudi prochain et voilà qu’il voulait lui parler à tout prix. Il avait un ton de voix très grave au téléphone et semblait n’avoir pas beaucoup dormi la veille. Se pourrait-il qu’il fût emparé de doute à quatre jours de leur cérémonie? Est-ce qu’il regrettait déjà de s’être lié à elle? Lui avait-elle mis trop de pression en acceptant qu’il devînt le père de sa fille et son fiancé? Peut-être que les choses étaient arrivées trop rapidement. Peut-être qu’ils auraient dû prendre plus de temps. Se serait-il passé quelque chose la veille qui le ferait changer d’avis? « Stop, Catherine! Se sermonna t-elle.  Tu es entrain d’extrapoler ». Elle soupira profondément. Elle alla se servir un verre d’eau glacé dans la salle à manger. Elle devait se calmer. Elle était stressée elle aussi, il ne se passerait rien de catastrophique. Pour chasser ses idées sombres, elle repensa à sa soirée de la veille. Elle sourit à ces souvenirs : elle se rappelait pas la dernière qu’elle avait autant ri à gorge déployée, éméchée et comblée de sa vie. Elle s’était bien amusée entourée de toutes les femmes qui comptaient dans sa vie. Elle avait une avalanche de photos qu’elle se promit de développer plus tard.
-Tu m’as tellement manqué!
    Tout sourire, elle se retourna vers l’homme qui était la source de ses émois comme de son bonheur. Elle alla se nicher dans ses bras tendus.
-Dany! Toi aussi tu m’as manqué.
     Il l’a serrée longtemps dans ses bras avant de l’embrasser. Quelques minutes plus tard, Catherine dit en riant :
-Mon Dieu! Tu me donnes l’impression que je reviens d’un très long voyage.
-C’est l’impression que j’ai eue en effet, avoua t-il en souriant.
-Ton regard est triste Dany, remarqua t-elle soudainement inquiète. Est-ce que tout va bien?
-Viens dans la chambre avec moi.
     En silence, ils montèrent dans leur chambre où les rideaux étaient encore tirés. Les motifs floraux jetaient des ombres difformes sur les murs et glissaient sur les rayons de soleil qui avaient pu se glisser entre les fentes. L’ambiance seyait bien à une discussion importante. Il alla s’asseoir sur le lit et invita Catherine à le rejoindre. Elle vint s’installer à côté de lui le front barré par un pli soucieux. Il sourit en lui caressant le front.
-Tu as deviné mon état d’âme, reconnut-il.
-Ta soirée s’est bien passée? Demanda t-elle ne sachant pas quoi ajouter.
-Non, répondit-il laconiquement.
-Pourquoi? S’enquit-elle en soutenant son regard.
-Elle n’a pas eu lieu parce qu’on a eu un imprévu assez sérieux.
-Un imprévu? Répéta t-elle avec une lueur d’incompréhension dans les yeux.
   Il prit sa main dans la sienne avant de poursuivre :
- Mon ex-fiancée est passée hier soir.
-Tatiana est venue ici? S’étonna t-elle en sursautant. Que voulait-elle?
-Elle prétend avoir eu un enfant de moi.
-Oh Seigneur!
     Catherine sentit un frisson lui glacer le sang au fur et à mesure qu’elle absorbait le choc. Alors c’était ça son pressentiment bien que la réalité était à dix milles lieux de ce qu’elle s’était imaginer. Elle se dégagea de son étreinte pour se mettre debout. Une main devant sa bouche et l’autre sur une de ses hanches, elle se mit à faire des ses pas dans les pièces sous le regard hangar de Daniel qui était désemparé. Elle ne venait pas d’apprendre une nouvelle mais bien la fin du monde ou le début d’une guerre mondiale. Elle qui pensait avoir tout pour être heureuse : un bébé, un amoureux transit qui veut l’épouser et qui a adopté sa fille, bâtir un foyer... C’était trop beau pour être vrai. Pourquoi avait-il fallait que cette femme choisisse cette période cruciale de sa vie pour faire son comeback? Une idée transperça son esprit bouillonnant d’hypothèses : Daniel avait des problèmes de fertilité, comment cette femme pouvait-elle clamer que cet enfant était celui de Daniel et pourquoi maintenant? Ça n’avait aucun sens! Un tic nerveux poussa Daniel à faire craquer les articulations de ses doigts. Il avait l’impression que c’était une éternité depuis qu’elle s’était enfermée dans un mutisme et son visage ne reflétait aucune émotion. C’était bien Catherine, une force calme de la nature et c’était ça qui l’effrayait le plus. N’y tenant plus, il brisa le silence :
-S’il te plait Renaude, dis quelque chose.
   Catherine s’arrêta et lui fit face. Elle était toujours très calme, dangereusement trop calme.
-Je croyais que tu étais stérile. Elle te fait chanter ou j’ai loupé un épisode? Reprit-elle d’un ton détaché.
-Viens auprès de moi, l’implora t-il.
-Je suis très bien debout, déclina t-elle  d’un air de défi en jouant avec le médaillon de sa chaine en or pour se donner contenance. Alors?
-Il y a cinq ans, quand j’ai commencé à fréquenter sérieusement Tatiana Guillaume, je me suis renseigné sur les différents traitements existant pour la fertilité masculine. Je les ai suivi au Canada et les résultats ont été prometteurs. Mais avant que je puisse lui en parler, Tatiana est retombée dans les bras de son ex petit ami qui était aussi un ancien camarade de classe, Édouard Devarieux. J’ai mis fin à notre relation.
-Si je comprends bien, elle ne sait même pas si tes traitements ont marché ou non, souligna t-elle les sourcils froncés en se rapprochant de lui.
-Oui mais elle me dit qu’Édouard n’est pas le père mais...
-Tu n’as pas confiance en elle, soupira t-elle en fermant les yeux.
-Non, elle m’a manipulé tant de fois par le passé. Elle prétend que j’ai une fille de trois ans et c’est uniquement hier que j’en entends parler! Je n’en crois pas un mot mais elle peut me nuire. J’ai demandé des conseils d’un avocat, un ami de ma mère, lui annonça t-il en se levant à son tour pour venir à son rencontre.
     Catherine sentit ses épaules s’affaisser sous le poids d’un énorme fardeau qui allait peser davantage au cours des semaines à venir. Daniel vint le prendre par les épaules pour la serrer de nouveau dans ses bras. Elle s’y laissa aller.
-Daniel je suis désolée d’avoir compliqué ta vie, chuchota –t-elle.
      Il l’écarta de lui pour fixer son regard : elle contint à grande peine des larmes de frustration et il l’admirait pour ça.
-Non Renaude, c’est moi qui te dois des excuses, affirma t-il d’un ton solennel. Je m’excuse de n’avoir pas été assez courageux pour te courtiser bien avant que je tombe dans les griffes de cette femme. J’aurais été le père de Karina et je t’aurais donné la vraie vie dont tu rêves.
      Elle n’y tint plus, elle pleura à chaudes larmes contre son épaule.
-Ma chérie, je suis tellement navré. Je vais faire mon possible pour vous protéger Karina et toi.
      Elle émit un dernier sanglot avant d’essuyer ses larmes. Elle alla ensuite aux toilettes pour se laver le visage. Lorsqu’elle revint vers lui, sa sérénité était revenue.
-Tatiana a exigé quelque chose? Demanda t-elle posément après s’être assise sur le lit.
-Elle veut que je l’appelle pour convenir d’un rendez-vous pour rencontrer l’enfant.
-Un garçon ou une fille?
-Une fille de trois ans, confirma t-il d’un ton morne.
-Seigneur! Murmura t-elle. Tu sais quoi? Tu as raison. Je dois protéger Karina.
-Tu...
-Oui moi! Tu l’as adoptée mais elle demeure ma fille. Je ne sais pas dans quel combat cette femme va t’entrainer mais je ne tiens pas à y inclure Abby, Daniel. Et si cette fillette est bien la tienne, je n’ai aucun droit ni toi non d’ailleurs de lui priver de son père biologique, tu m’entends? Et je te défends de me dire que ce n’est pas important pour toi. Tu as toujours voulu avoir ton propre enfant alors si c’est le cas...
-Catherine, ne fais pas ça s’il te plait. Ne me quitte pas mon amour, pas maintenant, supplia t-il en venant se mettre à genoux devant elle les yeux plein d’eau.

Fin de l'extrait
Alexa Madrexx

***La suite dans le tome de  "Forfait parental tout inclus: l'autre famille dans le placard" en vente sur Amazon et gratuit pour les abonnés de Kindle Amazon Unlimited***
https://www.amazon.ca/Forfait-parental-tout-inclus-famille-ebook/dp/B01MYD038B/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1487522746&sr=8-1&keywords=alexa+madrexx

vendredi 17 février 2017

État d'âme temporel


Je n'oublierai jamais le goût de la souffrance
Qui a fait de moi ce monstre légitime;
Je me souviendrai encore de cette force irréelle
Presqu'inhumaine qui m'est venu de la haine.
J'ai voulu croire que c'est une bonne chose
Pour continuer à me croire non coupable.

Je n'ai pas voulu vivre vivre seulement 
Pour être témoin du temps qui m'a volé mes souvenirs
Et mes rêves les plus chers auxquels  j'ai tenus,
Mais je l'ai voulu afin d'aider ce qui ont besoin de moi
Pour cesser être témoin de la fin.

Avec le temps, je me rendue compte 
Que le présent sans passé ne peut avoir de sens 
Si on n'a pas une fraîche pensée pour l'avenir. 
Le temps nous apprend bien des choses; 
C'est pour cette raison que chaque  minute qui passe
Est une nouvelle chance pour mieux vivre.

Chaque minute qui passe me permet 
Pardonner les affres du passé pour accepter le présent
Et de me préparer pour l'avenir tel qu'il soit.
Alexa Madrexx

Romance pour février








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samedi 11 février 2017

Retour de la promotion "Livres gratuits"

   
 

    À l'occasion de la Saint-Valentin qui approche à grands pas, certains de mes livres sont gratuits sur Amazon à partir de maintenant jusqu'au 14 février 2017. Comme d'habitude, les liens sont accessibles directement sur mon blogue. Voici les différents titres concernés pour votre plaisir:
-Warring emotions
-Caleidoscopio o festival de emociones en conflicto
-Kaléidoscope ou le festival des émotions contradictoires 
-Kaleidoscope or the conflicting emotions festival
-Le témoin
-El testigo

     Le tome 2 de mon roman ''Forfait parental tout inclus: l'autre famille dans le placard" sera gratuit pour la Saint-Valentin pour son lancement. De plus, le premier tome sera vendu à 70$ de son prix initial pour au moins une semaine. Je vous batte en février. Profitez-en! 
Cordialement, Alexa M.

vendredi 10 février 2017

Rêves brisés ou changement de cap?

   Avez-vous déjà eu l'impression d'avoir raté une occasion ou gâché votre vie? Je commence abruptement, n'est-ce pas? Tant mieux car je n'ai pas la réputation d'être une personnalité mièvre. J'ai souvent eu cette impression ces derniers mois. Une épreuve n'attend pas l'autre, la situation devient alors plus complexe et la vie plus difficile. Bienvenue sur Terre! me diront certains. J'ai le plaisir de vous dire que j'y suis habituée sauf que je me fatiguée. Fatiguée de lutter, fatiguée de résister. Je n'avais plus aucune motivation, aucun plaisir à écrire, aucune envie à trouver une raison de continuer. Plus je regardais les nouvelles, plus le chaos du monde me donnait des multiples raisons de n'en plus faire partie. Je vois d'ici beaucoup d'entre vous qui sourcillent parce qu'ils ont en mémoire mon sourire éblouissant sur mes photos. C'est vrai je l'admets, je cache bien mon jeu.  Mais revenons à mon sujet. J'ai dérivé pendant longtemps jusqu'à ce qu'un soir je suis entrain de pleurer plus que de prier. Je n'avais pas écrit depuis des semaines, les nouvelles médicales n'étaient guère encourageantes et ma santé semblait me se surpasser en terme de détérioration. Ma carrière est restée en sursis quelque part dans ma vie et je n'y pense même plus pour ne pas déprimer davantage. Je me rappelle que je me suis dite que ma foutue jeunesse ne me servait strictement à rien. Je n'étais pas la personne la plus malade dans le monde mais j'avais une situation de santé si complexe pour mon âge, 29 ans, que les plus grands érudits de la science moderne sont bouche bée. Ça m'a agacée. Je suis passée des larmes de désespoir à la rage. J'ai ressenti de la colère et j'en ai voulu au monde entier pendant un moment.
       Puis ce fameux dimanche soir du 29 janvier 2017 à Sainte-Foy à Québec, l'attentat contre la mosquée a eu lieu: un acte terroriste gratuit contre des musulmans en pleine prière qui étaient connus, aimés et intégrés dans la communauté tant par les Québécois de souche que par les autres ethnies. Les familles et les proches des six victimes sans compter leurs frères de la mosquée ont envoyé un message de paix aux parents de l'accusé. Tous les Canadiens et le monde entier étaient sous le choc. J'étais abasourdie: dix-sept enfants étaient orphelins, six femmes étaient veuves et toute une communauté était, ils partageait un message éloquent d'amour et de paix.  Même en évoquant ce souvenir,  je suis encore émue. Je me suis soudoyée en me disant "Alexa, tu serres les dents et tu avances". C'est ce que je fais encore. Je me suis remise à prier. Une semaine plus tard, j'ai repris mon ordinateur malgré l'annonce d'un mauvais diagnostic. Je me suis convaincue en me disant que si je dois vivre jusqu'à 60, 70 ans et plus comme ça, je dois me trouver une ancre pour ne pas sombrer. Je repenserai à ces martyrs qui nous ont quitté et à ces familles éplorées qui ont fui leur pays en guerre pour perdre des êtres chers dans de telles conditions. Je réitère mon soutien et mes sympathies à leur endroit. 
         Je vais continuer à avancer pas à pas sans trop poser de questions pour ne pas angoisser. L'avenir me dira le reste. Mes plans ont changé, mes rêves n'ont pas tourné comme je voulais alors j'ai pris un nouveau cap. 
Cordialement, Alexa M

vendredi 3 février 2017

Extrait du tome 2 de mon roman Forfait parental tout inclus: l'autre famille dans le placard


(...)

Ce dimanche-là, Daniel, Catherine et leur petite fille endormie arrivèrent à la maison des Abellard qui se trouvait à quelques pâtés de rues de celle de Daniella. Ce sont les parents de la jeune femme qui avait encouragé Daniella, jeune mère monoparentale à l’époque, d’acquérir une maison à prix modique proche d’eux pour que le jeune adolescent qu’il était soit proche de ses amis. Paul Abellard avait prétendu avoir eu une reprise bancaire de la maison cossue mais très bien construite au goût de l’époque pour que la jeune maman ne l’achète à un prix dérisoire. Ce ne fut que quelques années plus tard qu’elle apprit que la femme de ce dernier, Mathilde Abellard, l’avait encouragé à lui offrir la maison pour l’aider à offrir le meilleur à son fils. Daniella avait pleuré sa vie sur les épaules de Mathilde qui elle aussi avait quelques larmes en lui confiant que si ils lui avaient dit la vérité au départ, ils auraient essayé un refus.
       Daniella riait aux éclats avec Mathilde tout en l’aidant à mettre la table secondée par l’employée de la maison. Paul était avec le reste du clan lorsque le couple fit leur entrée au salon qui fit ponctuer par des cris joyeux.  Henri et Martine immédiatement à leur rencontre; Henri donna une accolade à son meilleur ami  qui était aussi le parrain de Stéphanie pendant que Martine étouffait Catherine dans une embrassade à n’en plus finir.  Catherine eut du mal à s’en défaire et quand elle put se libérer de son emprise, son répit fut de courte durée car ses sœurs l’entrainèrent immédiatement dans le patio de la cour arrière dans une effusion hystérique de futures demoiselles d’honneur.  Martine ferma la marche en trottinant sur ses talons. Elle ne put que jeter un bref coup d’œil à Daniel qui lui murmura un « je t’aime » avant qu’elle ne disparaisse de son champ de vision.
-Waouh! S’exclama t-il en regardant Karina qui venait de se réveiller dans son siège. Tu as vu ça? Maman vient de se faire enlever par une meute de demoiselles d’honneur en furie.
-J’imagine sans peine à quoi ressemblera sa soirée d’enterrement de vie de jeune fille, s’esclaffa Henri en se tenant les côtes aux prises avec un fou rire.
-Tu as intérêt à sauver la race! Lui lança Daniel en prenant son ton le plus sérieux. Je ne veux pas être disgracié par mon témoin.
-Tout doux l’ami! N’oublie pas que j’ai l’expérience en la matière. Je ne t’ai pas déçu la première fois et tu avais bien aimé. Et merde! Excuse-moi Dany, ça m’a échappé, regretta t-il embarrassé.
-T’en fais pas, le rassura son ami avec son plus beau sourire. Elle fait partie de mon passé. Elle n’est plus qu’un pâle souvenir après quatre ans. Avec Catherine c’est différent, ça n’a rien de comparable. Elle ne lui arrive même pas à la cheville.
-Tu l’aimes vraiment, murmura un Henri profondément touché.
      C’était davantage une affirmation qu’une question.
-Tiens! Lui intima t-il en lui mettant Karina dans ses bras. Elle a besoin d’être changée. Tu es mon témoin alors rends-toi utile. Je vais saluer tes parents.
-Oui mon général, ria Henri en prenant également le sac de bébé qui était sur l’épaule de Daniel.
        Pourtant, une fois qu’il se retrouva seul, il ne bougea pas d’un pouce: il resta planter dans le hall d’entrée tandis qu’il était basculé dans les affres du passé. Un éclair douloureux passa dans ses yeux lorsque l’image du visage de Tatiana Guillaume passa dans sa mémoire. Une beauté haïtienne arrogante, peau noire satinée, lèvres pulpeuses, yeux bridés, aussi grande que lui, très ambitieuse, architecte comme lui. La seule émotion qui lui monta au cœur à son souvenir était la morsure de sa trahison passée quelques semaines avant leur mariage quatre ans auparavant: elle avait couché avec un de ses ex-copains alors qu’il était en voyage à l’étranger. Elle lui avait brisé le cœur alors qu’il avait voulu lui offrir tout ce qu’elle aurait pu désirer et exiger. Il soupira en se remémorant le motif de son absence dans un délai si proche de leur cérémonie de mariage : il prenait des traitements contre la fertilité au Canada et attendait les résultats de contrôle des tests d’une clinique spécialisée qui semblait très prometteurs. C’était son cadeau de mariage pour elle, du moins ce qu’il avait prévu lui annoncer et elle avait tout gâché. Au fait, au cours des douze derniers mois de leurs fréquentations, il ne se rappelait pas qu’ils avaient franchement parlé fonder une famille. Ils étaient jeunes, fougueux et au summum de leur carrière, l’idée ne leur avait même pas fleuré l’esprit. Elle en avait parlé quand il lui avait avoué avoir des problèmes à ce niveau; elle avait ri et répliqué gaiement que l’adoption était envisageable. Il ferma les yeux pour prendre une grande respiration. C’était une époque révolue; il devait laisser les squelettes dormir profondément dans le placard de sa mémoire où il les avait reléguées.
    Il sursauta légèrement lorsqu’une main serra son épaule droite. Daniella, sa copie féminine, lui embrassa la joue.
-Bonsoir man, je ne t’ai pas entendu approcher, s’excusa t-il.
-J’avais remarqué. Je ne crois pas qu’il est fait exprès d’évoquer cette histoire, ajouta t-elle d’une voix basse contre son oreille.
-De qui parles-tu? S’étonna t-il franchement.
-Henri, fit sa mère en arquant un sourcil tout en pointant un index vers lui. Arrête de penser à ça et ne laisse pas son souvenir assombrir ton présent. Tu as un vrai foyer maintenant.
    Il prit quelques minutes avant d’acquiescer avec un hochement de tête :
-Catherine et Abby sont toutes ma vie et je ne laisserai personne gâcher cela.
-Je sais. Viens saluer Paul et Mathilde, ils sont impatients de te voir.
    Bras dessus bras dessous, ils s’en allèrent toutes les deux vers la grande salle à la manger qui était déjà bien animé.
           Un peu plus tard, Mathilde et Paul demandèrent à Catherine et à Daniel de les rejoindre dans leur bibliothèque. Karina dormait paisiblement dans les bras de Daniella assistait elle aussi à l’entretien. Mathilde portait une robe longue fleurie qui lui couvrait les orteils. Elle paraissait encore plus élancée et plus majestueuse qu’à l’accoutumée dans cette tenue, d’autant plus qu’elle avait coiffé ses cheveux en un chignon lâche qui la rajeunissait. Pour bijoux, elle portait des perles nacrés aux oreilles et autour du cou. Paul avait opté pour une tenue décontracté : chandail polo, pantalon de flanelle et des mocassins. Malgré ses trente-quatre ans, la jeune femme ressentit une nervosité face à ses parents qu’elle tenta vainement de dissiper. C’était tout particulièrement sa mère qui lui faisait cet effet-là. Elle n’avait aucune idée du motif de cette réunion impromptue. Elle jeta un coup d’œil à Daniel qui restait égal à lui-même.
-Vous vous demandez sûrement pourquoi nous avons tenu à vous rencontrer après le départ des autres, débuta sa mère avec un sourire bienveillant sur ses lèvres.
-Ta requête m’a surprise en effet, avoua Catherine qui se détendait peu à peu.
-Nous savons à quel point tu détestes les annonces publiques, dit son père alors nous allons le faire entre nous car vous êtes les principaux bénéficiaires de toute façon.
-De quoi s’agit-il? Demanda calmement Daniel.
      Mathilde, émotive comme toujours avant une annonce importante, retint un sanglot puis fit signe à Daniella et à Paul de s’approcher.
-Ok, fit Catherine en se levant lentement, qu’est-ce que vous mijoter? Papa? Man Da?
    Catherine ainsi que ses frères et sœurs appelaient Daniella Man Da depuis leur enfance.
-Ceci est notre cadeau de mariage, annonça solennellement Paul en lui remettant une enveloppe.
-Mon Dieu, qu’est-ce que c’est? S’étonna Daniel la gorge nouée par l’émotion.
-Ce n’est ni une maison ni une voiture, affirma sa mère les yeux brillant de larmes à peine contenues, vous avez déjà tout cela.
-Qu’est-ce que tu attends pour l’ouvrir? Intima Mathilde avec humeur à sa fille.
-Ok, ok. Oh mon Dieu, chéri viens voir ça!
       Catherine fut parcourue de longs frissons et ses doigts tremblèrent sur la feuille de papier dépliée. Elle l’aurait laissée choir par terre si Daniel ne l’avait pas tenue dans ses bras.
-Vous avez payé la salle de réception au Marriott de Port-au-Prince? S’exclama Daniel encore sous le choc. Vous avez fait ça?
-Oui mes enfants! Nous l’avons fait, confirma Paul avec un sourire satisfait tout en serrant tendrement la main de sa femme.
-C’est pour cela tu n’arrêtais pas de me demander quand j’allais me décider pour la choisir! S’exclama Catherine à Mathilde dans un fou rire à mi chemin entre un sanglot. Merci, murmura t-elle en serrant tour à tour sa mère et sa future belle-mère dans ses bras.
       Paul prit Karina dans ses bras après avoir donné une belle accolade à son futur beau-fils qu’il avait toujours considéré comme l’un des leurs depuis des lustres. Riant et pleurant à la fois, Catherine Abellard sentit qu’à ce moment-là qu’elle était la femme la plus bénie au monde tellement qu’elle était heureuse.
VII
L’amoureux d’Amanda Leroyer
               Une belle jeune femme d’environ une trentaine d’année était attablée à la terrasse du restaurant italien El Vigneto à Pétion-Ville malgré la chaleur tropicale. Par chance, de grands parasols sur les tables extérieures les protégeaient les clients du soleil éblouissant qui dardait ses rayons cuisants sur l’heure du midi, ce qui avait eu pour augmenter la température au sol. De plus, l’entrebâillement de la double porte qui menait au bar à l’intérieur laissa échapper des brises fraiches de l’air climatisé. Les gens bavardaient autour d’elle : la plupart appartenait au monde des affaires et venaient prendre une pause ou de parler de boulot dans un cadre agréable. Elle portait un grand chapeau à larges rebords incurvés avec de grandes lunettes noires griffées qui masquaient ses yeux noisette; son corps aux courbes sensuelles était moulé dans une robe deux pièces rose pâle. Ses lèvres étaient colorées par un baume à lèvres rose nacré qui rehaussait leur couleur rose naturelle. Son teint clair était bruni par son exposition au soleil et ses joues étaient rosées. Elle croisa ses jambes élancées tout en feuilletant le menu sans le voir. Elle ignorait totalement les regards aguicheurs que lui lançaient les hommes présents : blancs ou noirs ou mulâtres, ils étaient tous subjugués par cette créature de rêve métissée, habillée de surcroit comme une gravure de mode. Sa chevelure frisée volumineuse était retenue par un ruban de cachemire rose et blanc pour éviter qu’elle ait trop chaud. Elle jeta un coup d’œil sur sa montre : midi exactement. Elle avait l’impression qu’elle attendait depuis une éternité alors qu’elle était arrivée quarante minutes d’avance. Amanda Leroyer attendait Catherine pour midi trente. Elle soupira de lassitude avant de prendre une gorgée de jus de corossol frappé qui la fit frissonner. Lorsque le serveur lui demanda poliment si elle avait encore besoin de commander autre chose avant l’arrivée de son amie, elle se contenta de répondre simplement avec un signe de négation de la tête. Elle était très préoccupée presqu’à fleur de peau. Elle sursauta lorsque son téléphone vibra dans son sac à main. Lorsqu’elle arriva à l’extirper maladroitement de son sac, elle expira profondément après avoir lu le texto  qui disait : « Ne t’inquiète pas mon amour, tout se passera bien. Elle est une femme superbe et aussi ma meilleure amie, elle comprendra. Tu as tenu à lui parler seule et je te respecte pour cela. Je t’aime, reviens-moi vite, Tom ». La jeune femme sentit son cœur gonfler d’amour et la culpabilité qui l’étreignait le cœur desserrait peu à peu sa poigne de fer. Elle lui répondit avec ses doigts agiles aux ongles parfaitement manucurées qui s’agitèrent habilement sur l’écran tactile de son téléphone : « Je trouve le temps long. Dès que j’aurai fini, je te rejoins mon amour, Mandy ». Elle aurait donné n’importe quoi pour être dans ses bras en ce moment mais elle lui fallait parler à Catherine. Elle avait voulu l’affronter seule car au nom de leurs excellents rapports de travail à « La Main Tendue », elle lui devait la vérité. Or la solide relation qui liait sa patronne à Thomas Lafontant, Amanda ne voulait pas tout gâcher. Elle avait l’impression de trahir Catherine en sortant avec lui mais c’était plus fort qu’elle. (...) 

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Alexa Madrexx

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