dimanche 19 février 2017

Forfait parental tout inclus: l'autre famille dans le placard---extrait


Extrait

VIII
Surgie du passé
            Daniel s’épongea le front pour la quatrième après avoir vidé une bouteille d’eau glacée d’une seule gorgée. Il émit un long soupir de satisfaction. Sa course de cinq kilomètre lui avait fait du bien. Il aimait courir le soir parce que la chaleur était moins intense et l’air était plus sec surtout pour le début du mois septembre. Cela lui permettait également de se décharger du stress d’une longue journée de travail. Pourtant c’était différent ce jour-là : il avait passé la journée avec Henri à essayer son smoking, vérifier la salle de réception au Marriott et libérer son créneau horaire pour les trois prochaines semaines à venir. De son côté, Catherine avait pratiquement déménagé chez lui avec Karina. Leur fille avait grandi et rampait partout du long de ses cinq mois et trois semaines. Les mois avaient passé avec une telle vitesse qu’il n’avait même pas eu le temps de dire ouf. Il ne s’en plaignait pas : il était tout simplement heureux, euphorique aux frontières de la folie reconnut-il avec un sourire béant sur les lèvres qui dévoilèrent de belles rangées de dents blanches qui tranchaient avec la couleur caramel foncé de sa peau. Il ne s’habituerait jamais assez aux moments partagés avec Catherine et Abby, aux nuits passionnées eux elle et lui, à l’intensité de l’amour qu’il sentait grandir de jour en jour entre eux. Il lorgna le berceau qui avait trouvé sa place au milieu de sa grande chambre principale, non leur grande chambre principale corrigea t-il mentalement. Catherine voulait attendre qu’ils s’eussent mariés avant qu’elle déménage officiellement mais Daniel avait su la faire changer d’avis après avoir été témoin de la vie commune de Thomas et Amanda. Ces derniers étaient mêmes devenus des amis sincères du couple. Catherine, follement éprise de son fiancé, avait capitulée. Comment pouvait-il passer un jour sans la trouver en rentrant du travail pour l’embrasser langoureusement, partager les évènements de leurs journées respectives, émettre une centième fois un commentaire sur la dernière photo de leur fille qu’elle lui avait envoyée, border Abby et chérir sa douce moitié pour découvrir l’amante incroyable qu’elle pouvait être? Simplement à l’évocation de ces souvenirs torrides, son corps réagit au quart de tour mais il se sermonna. Il allait être privé de Catherine pendant cinq longs jours avant leur mariage jeudi prochain. Il avait tellement hâte qu’il en rêvait tous les soirs! Depuis que Vanessa, la sœur ainée de Catherine, était rentrée de New York et séjournait chez elle pour leur mariage, toutes les sœurs Abellard avaient confisqué sa dulcinée avec Abby et les avaient condamnées à rester loin de lui jusqu’au jour J. Dieu que ses femmes lui manquaient! Ces cinq jours allaient être pour lui comme une éternité mais heureusement qu’ils allaient être unis pour toute la vie. Ils se parlaient tous les jours au téléphone et la jeune femme n’avait pas caché à quel point il lui manquait lui aussi. Ils attendaient tous les deux ce jour avec une impatience juvénile. L’alarme de son téléphone portable retentit, brisa le silence qui régnait en mettre et le ramena brutalement à la réalité. Il s’était assis sur le bord du lit avant de se perdre dans ses pensées. Il était exactement dix-sept heures. Il était grand temps qu’il file sous la douche pour se préparer pour son enterrement de vie de garçon. Henri et ses amis l’attendait pour dix-heures au restaurant méditerranéen Madgoos où son groupe String performait ce soir. Catherine devait sortir avec ses sœurs et ses amies ce soir également; ses parents garderaient Abby. Il s’étira pour se décider enfin d’aller prendre sa douche. Une bonne dizaine de minutes plus tard, il enfila une chemise de cachemire vert topaze imprimé sur un pantalon bleu nuit. Il vaporisa sur lui quelques jets du parfum Giorgio Armani que Catherine l’avait offert; elle aimait tout particulièrement cette odeur sur lui la preuve, sa chemise froissée échouait par terre dès qu’elle s’approchait d’elle pour s’en délecter.
         Daniel retint un juron quand il entendit des coups résonner sur le grand portail principal. Il n’attendait personne. Qui cela pouvait-il bien être? Il descendit les marches d’un pas rapide en contenant à grande peine son impatience. Il ne voulait pas être en retard. Une fois arrivé à la cour, pendant qu’il contournait sa Jeep Renagate pour atteindre le portail, une idée fugace lui traversa l’esprit : Catherine pousserait-elle l’audace de lui faire une visite surprise avant qu’il s’en allât à son enterrement de vie de garçon? Un sourire mutin se dessina sur ses lèvres à cette pensée fantaisiste mais il prit son air le plus sérieux lorsqu’il débarra le verrou de la porte. Daniel resta tétanisé, non son corps ne bougea pas d’un centimètre à sa vue. Seuls ses yeux dévisagèrent la personne en face de lui de la tête aux pieds avant que ses sourcils se froncèrent et que son regard se durcisse. Il sentit un étau lui étreindre le cœur et son sang ou ce qu’il en restait se figea dans ses veines. Ce n’était pas possible surtout pas comme un jour comme aujourd’hui enfin, jura t-il mentalement. Il maudit au passage le jour où il l’avait rencontrée. Une jeune femme d’environ trente-cinq ans se tenait sur le seuil de la porte, chaussait de jolies escarpins rouge qui allongeaient des jambes qui auraient tourné la tête d’autres hommes et son corps était moulée dans une robe d’été fleurie courte avec des manches en éventails. Elle avait les cheveux longs et bouclés, sûrement des extensions capillaires, pensa t-il aigrement en pestant à l’intérieur. Elle avait toujours aimé compliquer sa coiffure. Son maquillage rehaussait ses traits hautains et ses lèvres charnues qui lui avaient fait perdre la tête cinq ans auparavant. Sans attendre un mot de sa part, elle entra dans la cour. Ses talons résonnèrent dans le hall d’entrée jusqu’à la salle de séjour. Daniel ne disait toujours rien et se contentait de la suivre. Il était trop surpris par son audace pour réagir pour le moment. Une fois dans la pièce, elle se retourna d’un air noble et sourcilla.
-Je peux m’asseoir? Demanda t-elle d’un ton égal pour mettre un terme à leur joute silencieuse.
      Il se contenta de hocher la tête tout en continuant à l’observer. Il jeta un coup d’œil furtif sur sa montre : dix-huit heures. « Merde, jura t-il intérieurement, ça ne pouvait pas mieux tomber ». Il préféra rester debout pour garder l’avantage. Il glissa prestement la main dans sa poche pour récupérer son téléphone et envoya un texto à Henri pour lui signaler qu’il avait un empêchement capital qui le retardait. Il le remit ensuite dans sa poche puis attendit. La jeune femme s’était assise sur le sofa, les jambes croisées, visiblement mal à l’aise, son aplomb semblait avoir pris le large. Son teint devint livide quand ses yeux tombèrent sur le portrait familial  qui représentait Daniel, Catherine et Karina Abby; il trônait sur la table basse de l’ensemble cosy de la salle de séjour. Daniel eut un sourire sarcastique du coin des lèvres. Il n’avait jamais eu l’esprit vindicatif mais revoir son ex-fiancée admirer sa nouvelle famille était de loin la meilleure revanche qu’il n’aurait jamais souhaitée. Il ne l’avait pas revue depuis quatre ans depuis  l’époque qu’elle l’avait trompé avec son ex-copain, un condisciple de classe de Daniel alors qu’ils allaient convoler à leurs noces. Ils avaient rompu et s’étaient perdus de vue depuis. Jusqu’à cet instant précis.
-Je suis désolée de passer comme ça à l’improviste, reprit-elle d’une voix suave, je sais que tu n’aimes pas être pris au dépourvu.
-Au moins une chose que tu n’as pas oublié Tatiana, railla t-il en se croisant les bras comme s’il voulait lui montrait clairement qu’elle ne réussirait pas à l’amadouer deux fois.
      Elle lui jeta un regard désespéré avec ses prunelles brunes profondes soulignées par ses longs cils. « Tatiana Guillaume, combien d’hommes as-tu manipulé avec ces yeux avant moi »? Il l’avait aimé bien qu’elle avait tous les traits de personnalités qu’il détestait chez une femme : elle était orgueilleuse et têtue, impatiente, mauvaise perdante et jalouse. Paradoxalement, elle était très courageuse, avait de l’ambition à revendre et sans compter qu’elle était très désirable. Par le passé, elle l’avait captivé; il l’avait désirée et aimée. Il était satisfait que la revoir ne le troublât pas plus que ça. Il ne ressentait plus rien pour elle qu’une colère bien enracinée. Tant mieux pour lui!
-Peux-tu cesser? Lui intima t-elle au bout de quelques minutes.
-Quoi donc? S’enquit-il stupéfait en sourcillant.
-Ton regard inquisiteur, il me met franchement mal à l’aise.
-Ça ne te ressemble guère pourtant. Je te rappelle que je suis chez moi au cas où tu l’aurais oublié, dans mon salon.
-Oui, une maison qui est d’ailleurs magnifique. Ta femme a beaucoup de goût, susurra t-elle avec un regard espiègle.
-Ma future femme oui, rectifia t-il d’un ton froid. Merci du compliment. Que viens-tu faire ici? Je suis attendu ailleurs.
-Ah! Tu ne me facilites pas la tâche, dit Tatiana d’un air tragique en se prenant la tête dans les mains.
-Ok, dit-il seulement du bout des lèvres.
    Daniel sentit un frisson lui parcourir l’échine : il avait un très mauvais pressentiment.  Elle décroisa ses jambes, se redressa sur son séant et le regarda droit dans les yeux avant de déclarer d’une voix assurée.
-J’ai attendu quatre longues années parce que je n’ai pas eu le courage de t’affronter avant Daniel. Tu ne m’as jamais donné la chance de m’expliquer.
-Attends un peu, l’interrompit-il dans un rire jaune, si tu es venu pour ça, tu me fais perdre mon temps car j’ai un enterrement de vie garçon qui m’attend. Je t’accompagne à la sortie.
-Daniel s’il te plait, la supplia t-elle les yeux pleins d’eau.
-Ça suffit! Lui coupa t-il en lui agrippant le bras pour l’entrainer vers la porte d’entrée. Ma patience a des limites et je ne te permettrai pas de passer une minute de plus dans le foyer que ma fiancée et moi bâtissons avec amour pour notre enfant.
-Lâche-moi! Cria t-elle en dégageant avec force en dégageant son bras pour lui faire face.
    Les larmes avaient complètement séché pour faire place à un regard lacéré qui prit Daniel de court.
-Comment oses-tu me traiter ainsi? Vociféra t-elle hors d’elle. Je t’ai trompée d’accord mais ça ne te donne pas le droit de me traiter comme une guenille! Je suis venue ici parce que je n’ai pas eu le choix. Tu dois savoir la vérité avant de t’unir à ta princesse adorée Catherine Abellard.
-Je te défends de parler d’elle! Persiffla Daniel en serrant les poings. Pour la dernière fois, Tatiana, sors de chez moi et oublie-moi une fois pour toute!
-Jamais! Tu m’entends? Jamais! Riposta t-elle les poings sur ses hanches tout en la toisa de la tête aux pieds. Je t’ai perdu une fois, je ne te perdrai pas une deuxième fois.
-Tu as perdu la tête! Cria t-il à son tour, tremblant d’une rage à peine contenue. C’est quoi ton problème?
-Voilà mon problème! Scanda t-elle en lui plaquant son téléphone portable sous le nez.
    Sur l’écran, Daniel vit une fillette d’environ trois ans poser à côté de Tatiana. Sous l’effet de la surprise, il recula de quelques pas pour la dévisager à son tour comme s’il la voyait pour la toute première fois avant de s’esclaffer de rire. Tatiana resta coït.
-Bon sang! Qu’est-ce qu’il y a? demanda t-elle désarçonnée.
-Tu ne me mettras pas ça sur mon dos ma jolie. J’ai l’impression que tu ne te rappelles de moi comme tu le clames.
     Tatiana ria à son tour en rejetant sa tête en arrière avant de répondre d’un ton froid :
-Il n’est pas d’Édouard Devarieux si c’est ce que tu insinues. Il me semble Théodore que tes traitements pour la fertilité ont finalement fonctionné.
      Daniel blêmit et laissa ses bras tomber le long de son corps. La jeune femme jubilait. Elle se rapprocha de lui, lui déposa un bref baiser sur la joue avant de glisser une carte dans une des poches de son pantalon.
-Mes coordonnées au cas où tu ne les as plus. Appelle-moi pour convenir d’une rencontre avec notre fille. Elle a hâte de rencontrer son père et de faire partie de sa vie. Je demanderais au prêtre d’attendre encore un peu si j’étais toi, murmura t-elle contre son oreille. À très bientôt Dany!
     Elle pivota ensuite sur elle-même et fit résonner ses talons dans toute la pièce. Daniel ne bougea pas. Il l’entendit saluer joyeusement quelqu’un. Comme dans un rêve, il alla s’asseoir sur le sofa ou plutôt il s’y laissa tomber. 
(..)

          Catherine était arrivée depuis quinze minutes avec un pressentiment qu’elle ne pouvait s’expliquer. Elle avait convenue avec Daniel qu’ils ne se verraient pas avant le mariage jeudi prochain et voilà qu’il voulait lui parler à tout prix. Il avait un ton de voix très grave au téléphone et semblait n’avoir pas beaucoup dormi la veille. Se pourrait-il qu’il fût emparé de doute à quatre jours de leur cérémonie? Est-ce qu’il regrettait déjà de s’être lié à elle? Lui avait-elle mis trop de pression en acceptant qu’il devînt le père de sa fille et son fiancé? Peut-être que les choses étaient arrivées trop rapidement. Peut-être qu’ils auraient dû prendre plus de temps. Se serait-il passé quelque chose la veille qui le ferait changer d’avis? « Stop, Catherine! Se sermonna t-elle.  Tu es entrain d’extrapoler ». Elle soupira profondément. Elle alla se servir un verre d’eau glacé dans la salle à manger. Elle devait se calmer. Elle était stressée elle aussi, il ne se passerait rien de catastrophique. Pour chasser ses idées sombres, elle repensa à sa soirée de la veille. Elle sourit à ces souvenirs : elle se rappelait pas la dernière qu’elle avait autant ri à gorge déployée, éméchée et comblée de sa vie. Elle s’était bien amusée entourée de toutes les femmes qui comptaient dans sa vie. Elle avait une avalanche de photos qu’elle se promit de développer plus tard.
-Tu m’as tellement manqué!
    Tout sourire, elle se retourna vers l’homme qui était la source de ses émois comme de son bonheur. Elle alla se nicher dans ses bras tendus.
-Dany! Toi aussi tu m’as manqué.
     Il l’a serrée longtemps dans ses bras avant de l’embrasser. Quelques minutes plus tard, Catherine dit en riant :
-Mon Dieu! Tu me donnes l’impression que je reviens d’un très long voyage.
-C’est l’impression que j’ai eue en effet, avoua t-il en souriant.
-Ton regard est triste Dany, remarqua t-elle soudainement inquiète. Est-ce que tout va bien?
-Viens dans la chambre avec moi.
     En silence, ils montèrent dans leur chambre où les rideaux étaient encore tirés. Les motifs floraux jetaient des ombres difformes sur les murs et glissaient sur les rayons de soleil qui avaient pu se glisser entre les fentes. L’ambiance seyait bien à une discussion importante. Il alla s’asseoir sur le lit et invita Catherine à le rejoindre. Elle vint s’installer à côté de lui le front barré par un pli soucieux. Il sourit en lui caressant le front.
-Tu as deviné mon état d’âme, reconnut-il.
-Ta soirée s’est bien passée? Demanda t-elle ne sachant pas quoi ajouter.
-Non, répondit-il laconiquement.
-Pourquoi? S’enquit-elle en soutenant son regard.
-Elle n’a pas eu lieu parce qu’on a eu un imprévu assez sérieux.
-Un imprévu? Répéta t-elle avec une lueur d’incompréhension dans les yeux.
   Il prit sa main dans la sienne avant de poursuivre :
- Mon ex-fiancée est passée hier soir.
-Tatiana est venue ici? S’étonna t-elle en sursautant. Que voulait-elle?
-Elle prétend avoir eu un enfant de moi.
-Oh Seigneur!
     Catherine sentit un frisson lui glacer le sang au fur et à mesure qu’elle absorbait le choc. Alors c’était ça son pressentiment bien que la réalité était à dix milles lieux de ce qu’elle s’était imaginer. Elle se dégagea de son étreinte pour se mettre debout. Une main devant sa bouche et l’autre sur une de ses hanches, elle se mit à faire des ses pas dans les pièces sous le regard hangar de Daniel qui était désemparé. Elle ne venait pas d’apprendre une nouvelle mais bien la fin du monde ou le début d’une guerre mondiale. Elle qui pensait avoir tout pour être heureuse : un bébé, un amoureux transit qui veut l’épouser et qui a adopté sa fille, bâtir un foyer... C’était trop beau pour être vrai. Pourquoi avait-il fallait que cette femme choisisse cette période cruciale de sa vie pour faire son comeback? Une idée transperça son esprit bouillonnant d’hypothèses : Daniel avait des problèmes de fertilité, comment cette femme pouvait-elle clamer que cet enfant était celui de Daniel et pourquoi maintenant? Ça n’avait aucun sens! Un tic nerveux poussa Daniel à faire craquer les articulations de ses doigts. Il avait l’impression que c’était une éternité depuis qu’elle s’était enfermée dans un mutisme et son visage ne reflétait aucune émotion. C’était bien Catherine, une force calme de la nature et c’était ça qui l’effrayait le plus. N’y tenant plus, il brisa le silence :
-S’il te plait Renaude, dis quelque chose.
   Catherine s’arrêta et lui fit face. Elle était toujours très calme, dangereusement trop calme.
-Je croyais que tu étais stérile. Elle te fait chanter ou j’ai loupé un épisode? Reprit-elle d’un ton détaché.
-Viens auprès de moi, l’implora t-il.
-Je suis très bien debout, déclina t-elle  d’un air de défi en jouant avec le médaillon de sa chaine en or pour se donner contenance. Alors?
-Il y a cinq ans, quand j’ai commencé à fréquenter sérieusement Tatiana Guillaume, je me suis renseigné sur les différents traitements existant pour la fertilité masculine. Je les ai suivi au Canada et les résultats ont été prometteurs. Mais avant que je puisse lui en parler, Tatiana est retombée dans les bras de son ex petit ami qui était aussi un ancien camarade de classe, Édouard Devarieux. J’ai mis fin à notre relation.
-Si je comprends bien, elle ne sait même pas si tes traitements ont marché ou non, souligna t-elle les sourcils froncés en se rapprochant de lui.
-Oui mais elle me dit qu’Édouard n’est pas le père mais...
-Tu n’as pas confiance en elle, soupira t-elle en fermant les yeux.
-Non, elle m’a manipulé tant de fois par le passé. Elle prétend que j’ai une fille de trois ans et c’est uniquement hier que j’en entends parler! Je n’en crois pas un mot mais elle peut me nuire. J’ai demandé des conseils d’un avocat, un ami de ma mère, lui annonça t-il en se levant à son tour pour venir à son rencontre.
     Catherine sentit ses épaules s’affaisser sous le poids d’un énorme fardeau qui allait peser davantage au cours des semaines à venir. Daniel vint le prendre par les épaules pour la serrer de nouveau dans ses bras. Elle s’y laissa aller.
-Daniel je suis désolée d’avoir compliqué ta vie, chuchota –t-elle.
      Il l’écarta de lui pour fixer son regard : elle contint à grande peine des larmes de frustration et il l’admirait pour ça.
-Non Renaude, c’est moi qui te dois des excuses, affirma t-il d’un ton solennel. Je m’excuse de n’avoir pas été assez courageux pour te courtiser bien avant que je tombe dans les griffes de cette femme. J’aurais été le père de Karina et je t’aurais donné la vraie vie dont tu rêves.
      Elle n’y tint plus, elle pleura à chaudes larmes contre son épaule.
-Ma chérie, je suis tellement navré. Je vais faire mon possible pour vous protéger Karina et toi.
      Elle émit un dernier sanglot avant d’essuyer ses larmes. Elle alla ensuite aux toilettes pour se laver le visage. Lorsqu’elle revint vers lui, sa sérénité était revenue.
-Tatiana a exigé quelque chose? Demanda t-elle posément après s’être assise sur le lit.
-Elle veut que je l’appelle pour convenir d’un rendez-vous pour rencontrer l’enfant.
-Un garçon ou une fille?
-Une fille de trois ans, confirma t-il d’un ton morne.
-Seigneur! Murmura t-elle. Tu sais quoi? Tu as raison. Je dois protéger Karina.
-Tu...
-Oui moi! Tu l’as adoptée mais elle demeure ma fille. Je ne sais pas dans quel combat cette femme va t’entrainer mais je ne tiens pas à y inclure Abby, Daniel. Et si cette fillette est bien la tienne, je n’ai aucun droit ni toi non d’ailleurs de lui priver de son père biologique, tu m’entends? Et je te défends de me dire que ce n’est pas important pour toi. Tu as toujours voulu avoir ton propre enfant alors si c’est le cas...
-Catherine, ne fais pas ça s’il te plait. Ne me quitte pas mon amour, pas maintenant, supplia t-il en venant se mettre à genoux devant elle les yeux plein d’eau.

Fin de l'extrait
Alexa Madrexx

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