vendredi 10 mars 2017

Le pouvoir de nos propres mots sur nous-mêmes

 
                 "Fais attention au pouvoir des mots ma chérie", me répète souvent ma mère. C'est de loin la remontrance qui me résonne dans mes oreilles la dernière fois que nous nous sommes croisées parce que j'ai eu le malheur de faire une mauvaise blague en sa présence. Effectivement lorsque je fais référence à la perte de mémoire et à la confusion des idées qui m'affectent parfois en raison de ma fibromyalgie, j'affirme que je souffre d'Alzheimer précoce.  Je souris en tapant ces mots car je vois le visage de ma mère me ramener à l'ordre. Au début j'ai répliqué pour la forme. Après son séjour avec moi durant les vacances d'été de l'année dernière, j'avais de plus en plus de difficulté à formuler une phrase cohérente  et j'utilisais les mauvais termes. J'associais mal mes pensées et la formulation que j'en faisais. Je me rappelle m'être dite "ça y est, tu vois maman j'avais raison, ta fille est Alzheimer à moins de 30 ans". Scientifiquement c'est impossible mais mon sarcasme noircissait davantage mon pessimisme. J'étais en congé maladie à broyer du noir, à souffrir le martyr sans trouver de soulagement dans les méthodes pharmacologiques et naturelles; pour couronner le coup, je n'arrivais même à écrire. 



            Une conversation téléphonique avec ma mère un soir m'a ramenée à la réalité. Elle m'expliquait un problème très élémentaire que je n'arrivais pas à élucider. Mes réflexes de soignante étaient totalement en veilleuse. Pendant un certain temps, je m'étais dite: "c'est la fin, ma carrière est fichue! Je ne pourrai plus pratiquée! Adieu l'écriture et l'imaginaire! Je ne vaux plus grand' chose". Je vous épargne les détails. Bref! J'ai nourri ma dépression pendant de longues semaines jusqu'au jour oü j'ai décidé que c'était assez. Et oui! J'ai suis revenu à moi-même. J'ai commencé à prendre des suppléments d'omégas-3 et 6, j'ai fait des centaines d'exercices pour le mental tout en continuant à méditer. Puis un jour, on me soumet une situation de santé critique, bang! La bête était revenue: concise, claire, sans bafouillage ni confusion. Je peux vous jurer que j'ai arrêté de me traiter d'Alzheimer. Quand j'ai des pics de douleur, je me repose et je pense à un mot positif. J'arrive à me détendre et à relaxer. 
                Ma petite maman a bien raison comme presque toujours (elle sera contente de lire ce texte, croyez-moi!). Les mots ont tellement de pouvoir que nous n'avons même pas besoin d'arme pour nous tuer. Alors faisons-en bon usage et aimons-nous afin de pouvoir apprécier autrui. 
Alexa Madrexx

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