mercredi 26 avril 2017

Ma promotion "livres gratuits" est de retour!


   Pour 2 jours seulement, certains de mes livres sont gratuits et la promotion commence dès aujourd'hui. Comme toujours, les liens sont accessibles à partir de mon blogue et du lien de ma page Auteure Amazon. Je suis entrain de travailler sur un nouveau projet mais je suis ambivalente: rédiger  le tome 3 de mon premier roman ou entamer la nouvelle histoire qui me tourne dans la tête depuis des semaines. En tout cas, je vous le dirai dans les jours qui viennent. En attendant, profitez de la promotion et partagez-la parmi vos cercles. Les titres concernés sont les suivants:
-Émotions contradictoires
-Warring emotions
-The witness
-Le témoin
-El testigo
-Kaléidoscope ou le festival des émotions contradictoires
-Kaléidoscope or the conflicting emotions festival.
Alexa Madrexx

mardi 25 avril 2017

Nature surprenante

      Je vous ai dit à quel point j'adore la nature; plus encore, j'admire le talent du photographe qui a capté la magie de cette merveille et l'immortaliser. J'aime les photos et je vous avoue que plus je les observe, plus je me rencontre à quel point cela demande de la patience, la détermination, l'oeil, la finesse et le talent pour que nous en tant qu'observateurs, nous puissons apprécier le produit final. Quand je regarde une photo, j'imagine la personne planquer derrière l'objectif de sa caméra pour saisir le moment parfait pour le soumettre au public. Je suis comme ça. Je présume que c'est mon côté artistique qui me permet de le voir sous cet angle. 
     Tout cela m'amène à partager avec vous cette semaine des photos qui m'ont captivées; ce ne sont pas de simples images de la nature morte mais bien une autre impression qui nous transporte dans une autre dimension. Oui mes chers lecteurs, il y a des photos devant lesquels vous vous retrouverez  et qui vont donneront l'impression que vous contemplerez une oeuvre surréaliste. Pourtant, c'est la nature dans toute sa splendeur, son unicité et sa pureté. Cordialement,
Alexa Madrexx

*** crédit photos: Pinterest






















compte Instagram: madrexxc1                Pinterest: Alexa Madrexx

Mes citations en images






jeudi 20 avril 2017

À fleur de peau


Derrière mes yeux mi-clos, je vis une histoire 
Éclaboussée d'eau de rose et de parfum de désir, 
Enfouie dans le tréfonds de mon être.
Je vis chaque minute comme si elle m'est comptée.
Je crois même sentir un souffle tiède de plaisir partagé.
Toutes ces images coquines sont appelées à disparaitre
Quand l'aube, vilaine jalouse, me forcera à ouvrir les yeux 
Pour me laisser que des frissons de ce rituel merveilleux.
Pourtant je vois encore son sourire illuminer mon coeur sombre
Et je sens ses mains baladeuses imprimer des caresses sur ma peau.
Je l'imagine me faire milles et une vilaines choses qui se dissiperont
Quand mes paupières s'ouvriront à l'appel du soleil levant.
Enfermée dans le sanctuaire de la solitude, 
Je me recueille avec nostalgie sur mes délicieux souvenirs. 
Alexa Madrexx

lundi 17 avril 2017

Soupirs légitimes



Soupirs légitimes
Chaque larme versée est un cri désespéré
Que l'on souhaite faire retentir 
Dans le silence d'une vie dérobée,
Mais étouffée par une souffrance trop cuisante.

Tous les sanglots saccadés par l'intensité de la douleur
Sont l'expression d'une rage mal contenue 
Devant l'impuissance imposée par sa propre faiblesse.

Les soupirs sont les signaux de détresse d'une existence 
Qui s'écroule sous le poids des exigences du monde;
Ou l'avènement d'une fureur mal endormie,
Alimentée par les souvenirs, ressassée par le passé.

Plongée dans ce cercle vicieux, l'âme se déchire.
Souvent livrée à elle-même, captive de la solitude
Et marquée par la souffrance, elle devient insensible;
Car condamnée par le mépris du monde envers son chagrin,
Elle n'entend plus les soupirs des autres. 
Alexa Madrexx

dimanche 16 avril 2017

Caresses vaines


Tu n'avais jamais su que j'étais amoureuse
De ta folie vagabonde et même de ta fougue complexe.
Tu ne t'étais jamais donné la peine de savoir
Que tu avais un jour été tout ce dont j'avais rêvé.
Mais j'avais vite déchanté quand cette réalité glacée
Telle une marâtre impitoyable m'avait secouée d'un bloc;
J'avais vu l'évidence dans ton regard sournois et surtout
Dans ton entêtement de refuser d'être vulnérable.
Tu avais toujours dit que c'était plus facile de me protéger
Si tu demeurais inaccessible, immuable d'émotions
Mais généreux de corps et de passion sauvage.
Toutefois  tu m'avais maintes fois confrontée car tu n'avais pas saisi
Mon accessibilité de coeur et d'âme ou mon manque de sensibilité.
Pendant que je te livrais mon corps enflammé sans retenu à tes caresses vaines,
Avaiss-tu la moindre idée ce que m'a coûté la forteresse autour de mon coeur
À bout de quelques trahisons et endurci par les coups bas?
Tu n'avais jamais compris la femme que j'étais vraiment
Parce que tu croyais résolument que j'étais encore une fille.
À coeurs fermés, corps-à-corps endiablés, soupirs étouffés,
Désir à peine consumé, tes caresses seraient toujours vaines
Car tu me convaincrais jamais de te laisser m'atteindre au coeur.
Alexa Madrexx

Joyeuses Pâques à tous!


        Bon dimanche mes chers lecteurs et permettez-moi de vous souhaiter de joyeuses Pâques! Que vous soyez religieux ou non, je vous souhaite de passer une excellente journée. Je profite de cette tribune pour vous faire remarquer que mon blogue fait peau neuve à partir d'aujourd'hui. Je vous dirai dans les prochains jours à venir les raisons qui m'ont poussées à le faire. J'espère que vous l'aimerez. Bonne semaine! 
Cordialement, Alexa Madrexx.

lundi 10 avril 2017

Deuxième extrait de "L'autre famille dans le placard"


***en vente sur Amazon en format Kindle et papier


Résumé

        « Le passé a beau être enfoui et oublié, il finit par resurgir dans le présent ». Alexa M

        Catherine Abellard est aux anges : mère de Karina Abby et fiancée à Daniel Théodore, entourée de sa famille aimante, elle prépare activement son mariage avec l’aide des femmes du clan Abellard et de sa dame d’honneur Naomi Larochelle. Son entreprise « La Main Tendue » est entre les mains de Roberta Davidson, sa directrice générale et d’Amanda Leroyer, leur nouvelle recrue durant son congé de maternité. Toutefois, des nuages viennent assombrir son beau ciel quand l’ex-fiancée de Daniel, Tatiana Guillaume, refait surface en déclarant avoir eu une fillette de trois ans de ce dernier. Déchirée entre son désir de fonder une famille avec l’homme de sa vie et donner la chance à Daniel de connaître son enfant biologique, Catherine ne s’est jamais sentie si acculée au pied du mur.

VIII

Surgie du passé
            Daniel s’épongea le front pour la quatrième après avoir vidé une bouteille d’eau glacée d’une seule gorgée. Il émit un long soupir de satisfaction. Sa course de cinq kilomètre lui avait fait du bien. Il aimait courir le soir parce que la chaleur était moins intense et l’air était plus sec surtout pour le début du mois septembre. Cela lui permettait également de se décharger du stress d’une longue journée de travail. Pourtant c’était différent ce jour-là : il avait passé la journée avec Henri à essayer son smoking, vérifier la salle de réception au Marriott et libérer son créneau horaire pour les trois prochaines semaines à venir. De son côté, Catherine avait pratiquement déménagé chez lui avec Karina. Leur fille avait grandi et rampait partout du long de ses cinq mois et trois semaines. Les mois avaient passé avec une telle vitesse qu’il n’avait même pas eu le temps de dire ouf. Il ne s’en plaignait pas : il était tout simplement heureux, euphorique aux frontières de la folie reconnut-il avec un sourire béant sur les lèvres qui dévoilèrent de belles rangées de dents blanches qui tranchaient avec la couleur caramel foncé de sa peau. Il ne s’habituerait jamais assez aux moments partagés avec Catherine et Abby, aux nuits passionnées eux elle et lui, à l’intensité de l’amour qu’il sentait grandir de jour en jour entre eux. Il lorgna le berceau qui avait trouvé sa place au milieu de sa grande chambre principale, non leur grande chambre principale corrigea t-il mentalement. Catherine voulait attendre qu’ils s’eussent mariés avant qu’elle déménage officiellement mais Daniel avait su la faire changer d’avis après avoir été témoin de la vie commune de Thomas et Amanda. Ces derniers étaient mêmes devenus des amis sincères du couple. Catherine, follement éprise de son fiancé, avait capitulée. Comment pouvait-il passer un jour sans la trouver en rentrant du travail pour l’embrasser langoureusement, partager les évènements de leurs journées respectives, émettre une centième fois un commentaire sur la dernière photo de leur fille qu’elle lui avait envoyée, border Abby et chérir sa douce moitié pour découvrir l’amante incroyable qu’elle pouvait être? Simplement à l’évocation de ces souvenirs torrides, son corps réagit au quart de tour mais il se sermonna. Il allait être privé de Catherine pendant cinq longs jours avant leur mariage jeudi prochain. Il avait tellement hâte qu’il en rêvait tous les soirs! Depuis que Vanessa, la sœur ainée de Catherine, était rentrée de New York et séjournait chez elle pour leur mariage, toutes les sœurs Abellard avaient confisqué sa dulcinée avec Abby et les avaient condamnées à rester loin de lui jusqu’au jour J. Dieu que ses femmes lui manquaient! Ces cinq jours allaient être pour lui comme une éternité mais heureusement qu’ils allaient être unis pour toute la vie. Ils se parlaient tous les jours au téléphone et la jeune femme n’avait pas caché à quel point il lui manquait lui aussi. Ils attendaient tous les deux ce jour avec une impatience juvénile. L’alarme de son téléphone portable retentit, brisa le silence qui régnait en mettre et le ramena brutalement à la réalité. Il s’était assis sur le bord du lit avant de se perdre dans ses pensées. Il était exactement dix-sept heures. Il était grand temps qu’il file sous la douche pour se préparer pour son enterrement de vie de garçon. Henri et ses amis l’attendait pour dix-heures au restaurant méditerranéen Madgoos où son groupe String performait ce soir. Catherine devait sortir avec ses sœurs et ses amies ce soir également; ses parents garderaient Abby. Il s’étira pour se décider enfin d’aller prendre sa douche. Une bonne dizaine de minutes plus tard, il enfila une chemise de cachemire vert topaze imprimé sur un pantalon bleu nuit. Il vaporisa sur lui quelques jets du parfum Giorgio Armani que Catherine l’avait offert; elle aimait tout particulièrement cette odeur sur lui la preuve, sa chemise froissée échouait par terre dès qu’elle s’approchait d’elle pour s’en délecter.
         Daniel retint un juron quand il entendit des coups résonner sur le grand portail principal. Il n’attendait personne. Qui cela pouvait-il bien être? Il descendit les marches d’un pas rapide en contenant à grande peine son impatience. Il ne voulait pas être en retard. Une fois arrivé à la cour, pendant qu’il contournait sa Jeep Renagate pour atteindre le portail, une idée fugace lui traversa l’esprit : Catherine pousserait-elle l’audace de lui faire une visite surprise avant qu’il s’en allât à son enterrement de vie de garçon? Un sourire mutin se dessina sur ses lèvres à cette pensée fantaisiste mais il prit son air le plus sérieux lorsqu’il débarra le verrou de la porte. Daniel resta tétanisé, non son corps ne bougea pas d’un centimètre à sa vue. Seuls ses yeux dévisagèrent la personne en face de lui de la tête aux pieds avant que ses sourcils se fronçassent et que son regard se durcisse. Il sentit un étau lui étreindre le cœur et son sang ou ce qu’il en restait se figea dans ses veines. Ce n’était pas possible surtout pas comme un jour comme aujourd’hui enfin, jura t-il mentalement. Il maudit au passage le jour où il l’avait rencontrée. Une jeune femme d’environ trente-cinq ans se tenait sur le seuil de la porte, chaussait de jolies escarpins rouge qui allongeaient des jambes qui auraient tourné la tête d’autres hommes et son corps était moulée dans une robe d’été fleurie courte avec des manches en éventails. Elle avait les cheveux longs et bouclés, sûrement des extensions capillaires, pensa t-il aigrement en pestant à l’intérieur. Elle avait toujours aimé compliquer sa coiffure. Son maquillage rehaussait ses traits hautains et ses lèvres charnues qui lui avaient fait perdre la tête cinq ans auparavant. Sans attendre un mot de sa part, elle entra dans la cour. Ses talons résonnèrent dans le hall d’entrée jusqu’à la salle de séjour. Daniel ne disait toujours rien et se contentait de la suivre. Il était trop surpris par son audace pour réagir pour le moment. Une fois dans la pièce, elle se retourna d’un air noble et sourcilla.
-Je peux m’asseoir? Demanda t-elle d’un ton égal pour mettre un terme à leur joute silencieuse.
      Il se contenta de hocher la tête tout en continuant à l’observer. Il jeta un coup d’œil furtif sur sa montre : dix-huit heures. « Merde, jura t-il intérieurement, ça ne pouvait pas mieux tomber ». Il préféra rester debout pour garder l’avantage. Il glissa prestement la main dans sa poche pour récupérer son téléphone et envoya un texto à Henri pour lui signaler qu’il avait un empêchement capital qui le retardait. Il le remit ensuite dans sa poche puis attendit. La jeune femme s’était assise sur le sofa, les jambes croisées, visiblement mal à l’aise, son aplomb semblait avoir pris le large. Son teint devint livide quand ses yeux tombèrent sur le portrait familial  qui représentait Daniel, Catherine et Karina Abby; il trônait sur la table basse de l’ensemble cosy de la salle de séjour. Daniel eut un sourire sarcastique du coin des lèvres. Il n’avait jamais eu l’esprit vindicatif mais revoir son ex-fiancée admirer sa nouvelle famille était de loin la meilleure revanche qu’il n’aurait jamais souhaitée. Il ne l’avait pas revue depuis quatre ans depuis  l’époque qu’elle l’avait trompé avec son ex-copain, un condisciple de classe de Daniel alors qu’ils allaient convoler à leurs noces. Ils avaient rompu et s’étaient perdus de vue depuis. Jusqu’à cet instant précis.
-Je suis désolée de passer comme ça à l’improviste, reprit-elle d’une voix suave, je sais que tu n’aimes pas être pris au dépourvu.
-Au moins une chose que tu n’as pas oublié Tatiana, railla t-il en se croisant les bras comme s’il voulait lui montrait clairement qu’elle ne réussirait pas à l’amadouer deux fois.
      Elle lui jeta un regard désespéré avec ses prunelles brunes profondes soulignées par ses longs cils. « Tatiana Guillaume, combien d’hommes as-tu manipulé avec ces yeux avant moi »? Il l’avait aimé bien qu’elle avait tous les traits de personnalités qu’il détestait chez une femme : elle était orgueilleuse et têtue, impatiente, mauvaise perdante et jalouse. Paradoxalement, elle était très courageuse, avait de l’ambition à revendre et sans compter qu’elle était très désirable. Par le passé, elle l’avait captivé; il l’avait désirée et aimée. Il était satisfait que la revoir ne le troublât pas plus que ça. Il ne ressentait plus rien pour elle qu’une colère bien enracinée. Tant mieux pour lui!
-Peux-tu cesser? Lui intima t-elle au bout de quelques minutes.
-Quoi donc? S’enquit-il stupéfait en sourcillant.
-Ton regard inquisiteur, il me met franchement mal à l’aise.
-Ça ne te ressemble guère pourtant. Je te rappelle que je suis chez moi au cas où tu l’aurais oublié, dans mon salon.
-Oui, une maison qui est d’ailleurs magnifique. Ta femme a beaucoup de goût, susurra t-elle avec un regard espiègle.
-Ma future femme oui, rectifia t-il d’un ton froid. Merci du compliment. Que viens-tu faire ici? Je suis attendu ailleurs.
-Ah! Tu ne me facilites pas la tâche, dit Tatiana d’un air tragique en se prenant la tête dans les mains.
-Ok, dit-il seulement du bout des lèvres.
    Daniel sentit un frisson lui parcourir l’échine : il avait un très mauvais pressentiment.  Elle décroisa ses jambes, se redressa sur son séant et le regarda droit dans les yeux avant de déclarer d’une voix assurée.
-J’ai attendu quatre longues années parce que je n’ai pas eu le courage de t’affronter avant Daniel. Tu ne m’as jamais donné la chance de m’expliquer.
-Attends un peu, l’interrompit-il dans un rire jaune, si tu es venu pour ça, tu me fais perdre mon temps car j’ai un enterrement de vie garçon qui m’attend. Je t’accompagne à la sortie.
-Daniel s’il te plait, la supplia t-elle les yeux pleins d’eau.
-Ça suffit! Lui coupa t-il en lui agrippant le bras pour l’entrainer vers la porte d’entrée. Ma patience a des limites et je ne te permettrai pas de passer une minute de plus dans le foyer que ma fiancée et moi bâtissons avec amour pour notre enfant.
-Lâche-moi! Cria t-elle en dégageant avec force en dégageant son bras pour lui faire face.
    Les larmes avaient complètement séché pour faire place à un regard lacéré qui prit Daniel de court.
-Comment oses-tu me traiter ainsi? Vociféra t-elle hors d’elle. Je t’ai trompée d’accord mais ça ne te donne pas le droit de me traiter comme une guenille! Je suis venue ici parce que je n’ai pas eu le choix. Tu dois savoir la vérité avant de t’unir à ta princesse adorée Catherine Abellard.
-Je te défends de parler d’elle! Persiffla Daniel en serrant les poings. Pour la dernière fois, Tatiana, sors de chez moi et oublie-moi une fois pour toute!
-Jamais! Tu m’entends? Jamais! Riposta t-elle les poings sur ses hanches tout en la toisa de la tête aux pieds. Je t’ai perdu une fois, je ne te perdrai pas une deuxième fois.
-Tu as perdu la tête! Cria t-il à son tour, tremblant d’une rage à peine contenue. C’est quoi ton problème?
-Voilà mon problème! Scanda t-elle en lui plaquant son téléphone portable sous le nez.
    Sur l’écran, Daniel vit une fillette d’environ trois ans poser à côté de Tatiana. Sous l’effet de la surprise, il recula de quelques pas pour la dévisager à son tour comme s’il la voyait pour la toute première fois avant de s’esclaffer de rire. Tatiana resta coït.
-Bon sang! Qu’est-ce qu’il y a? demanda t-elle désarçonnée.
-Tu ne me mettras pas ça sur mon dos ma jolie. J’ai l’impression que tu ne te rappelles de moi comme tu le clames.
     Tatiana ria à son tour en rejetant sa tête en arrière avant de répondre d’un ton froid :
-Il n’est pas d’Édouard Devarieux si c’est ce que tu insinues. Il me semble Théodore que tes traitements pour la fertilité ont finalement fonctionné.
      Daniel blêmit et laissa ses bras tomber le long de son corps. La jeune femme jubilait. Elle se rapprocha de lui, lui déposa un bref baiser sur la joue avant de glisser une carte dans une des poches de son pantalon.
-Mes coordonnées au cas où tu ne les as plus. Appelle-moi pour convenir d’une rencontre avec notre fille. Elle a hâte de rencontrer son père et de faire partie de sa vie. Je demanderais au prêtre d’attendre encore un peu si j’étais toi, murmura t-elle contre son oreille. À très bientôt Dany!
     Elle pivota ensuite sur elle-même et fit résonner ses talons dans toute la pièce. Daniel ne bougea pas. Il l’entendit saluer joyeusement quelqu’un. Comme dans un rêve, il alla s’asseoir sur le sofa ou plutôt il s’y laissa tomber. Au même moment, un Henri furieux fit irruption dans la pièce.
-C’est quoi ce bordel? Tu nous poses un lapin la soirée de ton enterrement de vie de garçon et je croise cette garce de Tatiana à mon arrivée ici qui flottait plus qu’elle marchait! Attaqua t-il.
-Ce n’est pas le moment, marmonna Daniel sans levant les yeux et en déboutonnant avec rage sa chemise.
-C’était elle ton imprévu de force majeure? Je croyais que tu n’avais aucune nouvelle d’elle depuis des lustres. Je vais finir par croire que je te porte la poisse mon vieux car à chaque fois que je t’organise quelque chose pour ton mariage, ça tourne au vinaigre. Et surtout avec  cette hippie dans les parages...
     Daniel porta un index à sa tempe pour s’exhorter au calme. Il ne saisissait plus un mot du jacassement d’Henri qui gesticulait devant lui comme une poupée disloquée. Il ne pouvait pas trop lui en vouloir; ne venait-il pas tomber nez-à-nez avec Tatiana chez lui, chez sa sœur et lui alors qu’il s’apprête à devenir son beau-frère dans cinq jours exactement? Comment allait-il s’y prendre pour annoncer une pareille nouvelle à Catherine? Il s’imaginait déjà l’émoi que cet imprévu allait provoquer chez elle et une fois qu’elle serait mise au courant, la nouvelle se répandrait comme une trainée de poudre dans la famille. Daniella allait le tuer, oui sa mère allait le tuer. Devant l’absurdité de la situation, il s’éclata de rire jusqu’à se faire mal aux côtes. Henri, stupéfait, se contenta de s’asseoir lentement dans le fauteuil en face de lui pour mieux saisir l’ampleur de la situation. Avant de contrattaquer, il envoya un texto de groupe à leurs amis pour leur annoncer officiellement que la soirée serait remise pour une autre fois sans fournir plus d’explications. Ils allaient spéculer mais Henri s’en foutait car il avait un plus gros problème à résoudre juste sous son nez. Lorsque Daniel se calma, il put le fixer dans les yeux.
-Pose ta question, l’encouragea t-il d’un ton soudainement las.
-Je ne sais même pas par quoi commencer, lui avoua son ami qui paraissait aussi décourager que lui. Tu as quelque chose de fort à boire?
-Oui du rhum Barbancourt et du Whisky.
-Ok.
    Henri se leva et partit dans l’autre pièce derrière lui pour quelques minutes. Il revint quelques minutes plus tard avec deux verres à moitié remplis du liquide brun nacré sur glaçon, feuilles de menthe et cerise confites.
-Merci parrain, le remercia Daniel.
    Ils trinquèrent silencieusement et burent ensemble une longue gorgée de la boisson fraiche qui les détendirent tous les deux. Henri se lança le premier :
-Ce n’est peut-être pas la soirée que j’avais organisée mais au moins on est ensemble.
-Merci d’être resté, sincèrement j’apprécie.
-Qu’est-ce qu’elle voulait Tatiana? Quel culot de se présenter chez toi alors que tu vas te marier dans moins de cinq jours?
-Je te conseille de déposer ton verre avant que je te donne la raison de sa visite, avertit Daniel d’un ton calme mais ferme.
    Henri s’exécuta sans se faire prier et redevint tendu comme un arc comme un chasseur guettant une proie mobile. Daniel l’imita. Il déposa ses coudes sur ses cuisses pour joindre ses deux mains tout en soutenant son regard.
-Elle a eu une fille de moi.
    Henri lâcha un mot grossier en créole et décrocha un coup de pied à la table basse. Daniel eut juste le temps d’empêcher les verres de rouler sur la table basse.
-Merde! Ça ne pouvait pas tomber plus mal! Et elle ne te l’annonce que maintenant? Sourcilla Henri dans un rire acide.
-J’ai eu la même réaction que toi et je crains d’avoir été un peu violent envers elle, grimaça son interlocuteur. Connaissant Tatiana, elle pourrait me nuire.
-Bon sang! Cet enfant doit avoir quoi? Trois ans? S’enquit Henri abasourdi.
-Exact.
-Merde alors! Mais attends une minute! S’exclama Henri en se passant une main sur le front. Tu prenais des traitements à l’époque et tu ne savais même pas si ça marcherait. Vous vous étiez séparés parce qu’elle avait couché avec Édouard pendant que toi, tu étais à Toronto pour avoir les résultats de tes tests.
-Exact, confirma Daniel en fronçant les sourcils. Je lui ai soumis la même logique et devine quoi? Elle m’a dit que ce n’était pas l’enfant d’Édouard.
-Wow! S’exclama Henri. Ça ne sent pas bon. Ça ne sent pas bon du tout! Et Catherine et Karina dans tout ça?
-Je compte toujours me marier Henri, soutint Daniel. J’aime Catherine et Karina est ma fille maintenant. Les menaces de Tatiana ne m’ont pas peur.
-Mmm... Je ne serais pas si confiant si j’étais toi, avança Henri. Martine a toujours pensé que cette femme était le diable incarné, ta mère aussi d’ailleurs et elles ont toutes les deux raisons. Je te rappelle que Tatiana a une cousine avocate et qu’elle a toujours eu une longueur d’avance sur tout le monde. Mon Dieu!
     Henri s’interrompit, se leva et le regarda tristement. Daniel, surpris par son changement d’attitude, se leva également aussi. Il avait déçu son ami une fois de plus.
-Bon sang Dany! Pourquoi n’avais-tu jamais trouvé le courage de sortir avec ma sœur et lui déclarer ta flamme depuis toutes ces années? Pourquoi a t-il fallu que tu croises le chemin de cette femme? Devarieux qui ne recule devant rien n’a pas su maitriser cette cinglée et toi tu t’es laissé prendre au piège! Comment vas-tu faire pour protéger ma petite sœur et ma nièce contre cette lionne enragée? Attaqua Henri d’un ton désespéré. Comment?
-Henri, c’est dur pour moi aussi, rappela t-il abattu. Je vais en parler à Catherine et nous allons trouver une solution ensemble. Je te promets...
     Henri secoua la tête en signe de négation et d’incrédulité. Il ajouta simplement :
-J’ai avisé les gars que la soirée a été annulée. Je ne dirai rien à qui que ce soit, ce sera à toi de le faire. Catherine est à son enterrement de vie de jeune femme et s’amuse follement selon Martine. Laisse-lui ce répit et parle-lui demain. Bonsoir.
          Il tourna les talons en laissant son ami debout au milieu du salon tout seul avec son désarroi.

            Daniella sourcilla quand elle entendit les coups frappés sur le portail. Elle prit la lampe de poche pour éclairer l’horloge murale car elle avait éteinte la génératrice pour la nuit. Vingt-trois heures, qui cela pouvait-il être? Peut-être un badaud qui s’était risqué à préparer un vol. Elle fut étonnée de ne pas entendre japper son chien de garde Médor. Soit on l’avait maitrisé, soit on l’avait amadoué ce qui l’étonnerait beaucoup mais rien n’était impossible. Elle pensa un instant à appeler Daniel mais elle se souvint qu’il était sorti avec ses amis ce soir. Elle saisit son téléphone portable sur la table de chevet et texta rapidement un ami Gilbert Blémur pour lui dire qu’il y avait une possibilité qu’un intrus rentre chez elle par infraction. Le connaissant, il serait là dans quelques minutes. C’était un charmant homme sexagénaire qui la courtisait depuis son veuvage. Elle n’avait jamais voulu que les choses aillent plus loin entre eux, elle avait peur et se pensait trop vieille pour vivre une illusion d’amour. Elle pila au passage sa chatte qui la griffa à la cheville; Fifi, terrifiée, alla se refugier quelque part dans la maison. Elle avait proposé de garder la chatte de Catherine quand Karine avait commencé à avoir des réactions allergiques en sa présence. Elle avait presqu’atteint la porte d’entrée lorsqu’elle s’ouvrit sur une ombre imposante. Elle aurait perdu connaissance si elle n’avait pas reconnu la voix.
-Maman?
-Daniel, soupira sa mère en reprenant son souffle d’une voix inquiète, je t’ai prise pour un voleur.
-Je t’ai envoyé un message, s’excusa t-il.
-Je dormais déjà. Attends, je dois rassurer mon ami.
-Ton cher Blémur, ironisa t-il.
-Oui Dany lui-même.
-Alors, demanda t-elle une fois le texto envoyé, ta soirée est terminée? Tu t’es bien amusé?
-Je n’ai pas été parce qu’elle n’a pas eu lieu.
  Bien que surprise, Daniella ne le montra pas. Elle ne savait pas si son fils évitait son regard à cause du faisceau lumineux aveuglant que projetait la lampe ou parce qu’il avait quelque chose de honteux à lui avouer. Elle l’invita à rentrer et à la suivre à la salle à manger où elle alluma une lampe électrique chargée au préalable qui éclairait toute la pièce. Elle lui offrit une tasse de tisane aux feuilles de corossol et cannelle avec une bonne tranche de gâteau renversé aux ananas qu’elle gardait au frais sous une cloche au frigo. En silence, ils mangèrent ce goûter improvisé qui détendit l’atmosphère chargée de non-dits.
-Merci maman, dit Daniel en s’essuyant les lèvres avec un mouchoir en papier. Tu sais comment consoler un cœur en lambeaux?
-Parle à ta mère mon fils, l’encouragea t-elle en finissant sa tisane.
-J’ai revu Tatiana ce soir, débuta t-il prudemment tout en guettant sa réaction.
     Elle s’étouffa avec la dernière gorgée du breuvage tiède qui provoqua une quinte de toux qui dura une bonne minute. « Ouf, pensa t-il attristé, ça s’annonce mal ».
-Quoi? S’écria t-elle. Mais où ça?
-Elle est venue à la maison, affirma t-il posément.
-Chez toi et Catherine? Répéta t-elle incrédule. Comment a t-elle osé? Mais pourquoi?
-Maman, ce que je vais t’annoncer est très difficile alors...
-Ayayayaye! (Onomatopée en créole évoquant la stupéfaction), lança t-elle vivement agacée. Dis donc ce que tu dires qu’on en finisse!
-Elle m’a appris qu’elle a une fille de moi qui est âgé de trois ans maintenant.
-Hey! S’exclama sa mère franchement en colère. Qu’elle aille au diable! Elle ne sait pas que tu avais des problèmes au niveau de la fertilité? J’ai beaucoup prié pour que te Dieu bénisse pour que tu puisses engendrer la vie mais pas avec cette damnée! Pardon mon Dieu! Ajouta t-elle pieusement en faisant le signe de croix.
     Daniel soupira avant de reprendre :
-Ce n’est pas tout à fait exact. Tu te rappelles quand je suis parti à Toronto avant notre mariage?
-Euh oui, je crois. C’était pour ton travail, du moins ce que tu m’avais dit à l’époque. Qu’est-ce que ça vient chercher là-dedans? S’étonna Daniella avec un coude sur la table et en pointant un index sur lui.
    Daniel hésita à répondre.
-Toi, tu ne m’as pas tout dit, lui dit-elle sur un ton de reproche.
-Je suivais des traitements pour la fertilité et ça s’annonçait plutôt bien. En fait maman, c’était une surprise que je réservais à Tatiana. Mais à mon retour, j’ai découvert qu’elle avait retombé dans les bras d’Édouard Devarieux.
-Mmm, fit-elle en réduisant ses yeux en fente, je n’ai jamais aimé ce triangle amoureux entre Édouard, toi et... cette femme. Tu n’aurais jamais dû fréquenter une de ses ex-recrues.
-Je sais mais il est trop tard pour avoir des regrets, soupira t-il.
-Tu es sûr qu’Édouard ne peut pas être le père?
-C’est ce qu’elle prétend, railla t-il.
-Et tu dois te marier jeudi prochain. Oh mon Dieu! Mathilde et Paul? Catherine et Karina? Que vont-ils penser de nous, de moi? S’affola sa mère.
-Je ne comprends pas, reconnut-il dérouté et las.
-Tu te rends compte de ce que tu as provoqué? De toutes les femmes qui existent sur cette île, il a fallu que tu choisisses la plus diabolique parce que tu as laissé ta queue te guider au lieu de ta tête! Scanda t-elle hors d’elle.
-Maman! S’écria t-il offusqué.
-Non toi, écoute-moi! Trancha sa mère d’un ton sans réplique. À cause de ta bévue, je vais perdre une famille comme je n’en ai jamais eue. Je risque de perdre des amis précieux et une belle-fille  à laquelle j’ai rêvée toute ma vie pour toi.
    Elle cacha son visage dans ses mains pour éclater en sanglots. Quand Daniel voulut la toucher, elle s’écarta de lui en la chassant :
-Va t’en! Tu m’as assez tourmenté comme ça!
    Daniel se contenta de laisser la pièce sans un regard en arrière ne sachant plus quoi rajouter. Il grimpa dans sa Jeep et disparut dans la noirceur de l’obscurité.

Henri était assis derrière le volant de sa voiture, la tête appuyée contre la vitre. Il n’osait pas rentrer chez lui. Il ne voulait pas affronter sa femme et répondre à ses questions, entendre ses commentaires joyeux sur sa soirée de femmes échaudées qui avait été une réussite alors que le sien avait été un fiasco complet avant même d’avoir eue lieu. Il était bientôt une heure du matin et il ne voulait toujours pas rentrer. Il avait peur parce qu’il avait l’impression d’avoir laissé tomber sa sœur. Il savait qu’il tenait des pensées absurdes mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il regarda son téléphone pour la énième fois et toujours rien : pas de messages de Daniel et surtout pas de retour d’appel. Daniella en pleurs, l’avait appelé pour lui dire qu’il n’était pas chez lui et qu’ils s’étaient disputés. Henri était dépassé tout comme son ami et il ne voulait pas imaginer ce quel impact que cela aurait sur sa petite sœur et sa petite nièce. Soudainement, la portière du côté passager s’ouvrit lentement et sa femme se glissa gracieusement dans l’habitacle. Martine était vêtue d’une chemise de nuit courte de soie fleurie à bretelles et était venue le rejoindre. Perdu dans ses pensées, il ne l’avait pas vu passer devant la voiture car les lumières étaient éteintes. Il la contempla et pensa qu’elle était la femme la plus belle qu’il avait rencontrée; elle l’était encore davantage depuis qu’elle avait coupé ses cheveux à la garçonne et qu’elle utilisait toute une gamme de produits spécialisés pour les coiffer. Elle avait toujours été mince et grande contrairement à Catherine. Elle avait un tempérament soupe au lait et fougueux qui avait alimenté bien des tempêtes au sein de leur couple mais Dieu merci, ils avaient surmonté tout ça. Bien que la soirée avait été bien arrosée selon ses dires du côté des dames lors de la soirée de l’enterrement de vie de jeune femme de sa sœur, elle paraissait avoir la tête bien ancrée sur les épaules.
-Je pensais que tu dormais, murmura Henri penaud en lui caressant le bras.
-Quand j’ai remarqué que tu ne rentrais pas, je décidé de voir ce qui se passe, avoua t-elle d’une voix douce dans laquelle transparaissait de l’inquiétude. La dernière fois que tu es resté une partie de la nuit dans ta voiture c’était quand nous nous sommes pris la tête. Je n’ai rien fait, sourit-elle timidement en se penchant vers lui.
-Ce n’est pas toi, lui assura t-il en caressant son visage. La soirée n’a pas eu lieu.
-Qu’est-ce qui s’est passée? S’enquit-elle avec une mine sérieuse tout d’un coup.
   Henri lui expliqua son entretien avec Daniel dans les moindres détails. Martine se cala dans son fauteuil tout en continuant à le regarder.
-Nom de Dieu! Mais c’est quoi cette histoire? S’exclama t-elle avec des yeux exorbitées par la stupéfaction. Il faut que Daniel parle à Catherine dès qu’il sentira prêt. De toute façon, ajouta t-elle dans un soupir las avec les épaules affaissés, il n’y a ni de bonnes formules ni bons moments pour annoncer ce genre de nouvelles.
-Oui madame la psychologue, sourit Henri. Je n’arrive pas à rejoindre Dany. Sa mère lui a passé un savon et elle est inquiète.
-Chéri, il aura besoin de toi plus que jamais, lui apprit-elle en lui touchant le bras.
-Wow! Siffla t-il. Et moi qui pensais que tu allais défendre Catherine bec et ongle. C’est vraiment la psy qui parle dis donc!
-Mon amour, je suis très sérieuse. Catherine est forte et elle a tout un clan derrière elle tandis que Daniel n’a que sa mère. Il pourrait craquer sous la pression ou pire encore...
-S’il te plait, coupa t-il, ne le dis pas. C’est ça qui m’effraie le plus. Mais si j’y vais maintenant, il va m’envoyer paitre et moi avec ma tête de cochon, je vais monter sur mes grands chevaux. Ouf! Il ne nous reste qu’à prier. J’irai le voir à la première heure demain.
-Oui parce qu’il aura besoin de son seul frère qu’il n’a jamais eu et parles-en à Thomas lorsque Catherine sera au courant, soutint Martine avec un pli soucieux au front. Plus on a d’alliés contre cette femme et sa famille mal intentionnée, mieux c’est.
-Tu es incroyable, merci mon cœur.
     Il se pencha pour l’embrasser. Elle lui rendit son baiser qu’elle approfondit en fouillant sa bouche avec sa langue. Henri lui mordilla la lèvre inférieure avec ses dents tout en la rapprochant de lui. Il sentit le bas de son corps s’animer au même moment que Martine passa ses bras autour de son cou. Ils se séparèrent pour se regarder en souriant.
-Merci, dit-il d’une voix grave. Docteure, est-ce normal que j’aie autant envie de toi après avoir vécu autant de chose en une seule soirée?
-Oui, confirma Martine en riant, pourquoi crois-tu que plein de couples font l’amour au petit écran après avoir échappé à une mort certaine?
-Fiou! Soupira t-il avec une mimique joyeuse. Au moins, je suis normal parce que je te veux vraiment. C’est fou!
-Ça tombe bien car les arbustes dissimulent bien ta voiture et on regagne notre chambre plus tard avant que les gens se lèvent, ni vu ni connu.
-Hein?
       Il frémit lorsqu’il glissa sa main sur sa nuisette qui glissait sur son corps qu’il adulait tant. Avant qu’il n’ait le temps de reprendre ses esprits, elle enjamba le levier de vitesse pour se placer en califourchon au dessus de lui. D’une simple commande automatique, elle recula le siège, augmenta l’air climatisé dans l’habitacle et le volume de la radio sanas pour autant déranger le voisinage. Henri découvrit avec stupéfaction que sa femme était nue sous sa nuisette. Quand elle l’embrassa de nouveau pour reprendre là où ils étaient, il entreprit de la caresser sous le tissu soyeux, lui arrachant des soupirs délicieux qui découplèrent son désir. Sa psychologue préférée avait raison : le temps d’une trêve, le stress l’avait quitté et il s’abandonna totalement à ses caresses. Ils haletaient maintenant en duo, tremblant sous l’intensité de cette passion qui se mêlait à tant d’appréhension et de doutes. Lorsqu’elle s’empala autour de son sexe, Henri gémit son nom dans cou et la laissa le loisir de le chevaucher à son rythme. Leur trêve dura jusqu’à trois heures trente du matin, ils eurent le temps de se glisser dans leur chambre et récupérer. Au moins, ce nouveau jour commençait sur une bonne note.
           Henri se présenta devant une petite maison à la rue Bois Verna. C’était la maison où Daniel avait grandi avant de déménager avec sa mère proche de la famille Abellard à la mort de sa grand-mère. Elle était louée habituellement à un prix modique à des familles en difficulté qui voulait se rapprocher du centre-ville de Port-au-Prince. Pour l’instant, elle était vacante. Quand Daniel voulait se ressourcer, il venait ici. Henri prit une grande respiration, fit une prière silencieuse puis se décida finalement à cogner à la porte d’entrée métallique à l’aide d’un caillou ramasser par terre. Daniel vint lui ouvrir. Son visage était fermé et il paraissait las. Il vint lui ouvrir. Après les salutations d’usage, ils échangèrent une chaleureuse accolade.
-Merci d’être venu, le remercia Daniel.
-Je savais que j’allais te trouver ici. Tu as pu dormir un peu? S’enquit Henri.
-Oui grâce à des somnifères et loin de la bouteille de rhum, admit-il avec un sourire contrit.
-Moi aussi, j’ai dû prendre quelque chose pour ne pas passer une nuit blanche sur le conseil de Martine.
-Oui, nous avons besoin de garder nos idées claires. J’ai parlé à ma mère ce matin. On s’est excusé puis on a prié ensemble. Son ami, Gilbert Blémur, est un brillant avocat proche de la retraite. Il est disposé à me représenter si jamais Tatiana cherche à me nuire à cause de cette histoire de paternité, annonça t-il avec un ton dur et les sourcils froncés.
-Ça c’est mon homme! S’exclama Henri en lui assénant une bonne tape sur l’épaule. Et Catherine? Ajouta t-il prudemment.
-Elle me rejoint à la maison, je dois partir dans cinq minutes. Je vais lui parler à cœur ouvert. Je refuse que cette histoire fasse ombrage à notre relation et notre famille, affirma t-il d’une voix forte comme une promesse.
    Comme ils gagnaient la porte, Henri le retint par l’épaule pour avoir son attention :
-Martine est de tout cœur avec toi. Elle te conseille d’en glisser un mot à Thomas avec l’approbation de Catherine. Plus on est fou, plus on rit comme dit le proverbe.
-D’accord, je te tiens au courant. Allons-y!

          Catherine était arrivée depuis quinze minutes avec un pressentiment qu’elle ne pouvait s’expliquer. Elle avait convenue avec Daniel qu’ils ne se verraient pas avant le mariage jeudi prochain et voilà qu’il voulait lui parler à tout prix. Il avait un ton de voix très grave au téléphone et semblait n’avoir pas beaucoup dormi la veille. Se pourrait-il qu’il fût emparé de doute à quatre jours de leur cérémonie? Est-ce qu’il regrettait déjà de s’être lié à elle? Lui avait-elle mis trop de pression en acceptant qu’il devînt le père de sa fille et son fiancé? Peut-être que les choses étaient arrivées trop rapidement. Peut-être qu’ils auraient dû prendre plus de temps. Se serait-il passé quelque chose la veille qui le ferait changer d’avis? « Stop, Catherine! Se sermonna t-elle.  Tu es entrain d’extrapoler ». Elle soupira profondément. Elle alla se servir un verre d’eau glacé dans la salle à manger. Elle devait se calmer. Elle était stressée elle aussi, il ne se passerait rien de catastrophique. Pour chasser ses idées sombres, elle repensa à sa soirée de la veille. Elle sourit à ces souvenirs : elle se rappelait pas la dernière qu’elle avait autant ri à gorge déployée, éméchée et comblée de sa vie. Elle s’était bien amusée entourée de toutes les femmes qui comptaient dans sa vie. Elle avait une avalanche de photos qu’elle se promit de développer plus tard.
-Tu m’as tellement manqué!
    Tout sourire, elle se retourna vers l’homme qui était la source de ses émois comme de son bonheur. Elle alla se nicher dans ses bras tendus.
-Dany! Toi aussi tu m’as manqué.
     Il l’a serrée longtemps dans ses bras avant de l’embrasser. Quelques minutes plus tard, Catherine dit en riant :
-Mon Dieu! Tu me donnes l’impression que je reviens d’un très long voyage.
-C’est l’impression que j’ai eue en effet, avoua t-il en souriant.
-Ton regard est triste Dany, remarqua t-elle soudainement inquiète. Est-ce que tout va bien?
-Viens dans la chambre avec moi.
     En silence, ils montèrent dans leur chambre où les rideaux étaient encore tirés. Les motifs floraux jetaient des ombres difformes sur les murs et glissaient sur les rayons de soleil qui avaient pu se glisser entre les fentes. L’ambiance seyait bien à une discussion importante. Il alla s’asseoir sur le lit et invita Catherine à le rejoindre. Elle vint s’installer à côté de lui le front barré par un pli soucieux. Il sourit en lui caressant le front.
-Tu as deviné mon état d’âme, reconnut-il.
-Ta soirée s’est bien passée? Demanda t-elle ne sachant pas quoi ajouter.
-Non, répondit-il laconiquement.
-Pourquoi? S’enquit-elle en soutenant son regard.
-Elle n’a pas eu lieu parce qu’on a eu un imprévu assez sérieux.
-Un imprévu? Répéta t-elle avec une lueur d’incompréhension dans les yeux.
   Il prit sa main dans la sienne avant de poursuivre :
- Mon ex-fiancée est passée hier soir.
-Tatiana est venue ici? S’étonna t-elle en sursautant. Que voulait-elle?
-Elle prétend avoir eu un enfant de moi.
-Oh Seigneur!
     Catherine sentit un frisson lui glacer le sang au fur et à mesure qu’elle absorbait le choc. Alors c’était ça son pressentiment bien que la réalité était à dix milles lieux de ce qu’elle s’était imaginer. Elle se dégagea de son étreinte pour se mettre debout. Une main devant sa bouche et l’autre sur une de ses hanches, elle se mit à faire des ses pas dans les pièces sous le regard hangar de Daniel qui était désemparé. Elle ne venait pas d’apprendre une nouvelle mais bien la fin du monde ou le début d’une guerre mondiale. Elle qui pensait avoir tout pour être heureuse : un bébé, un amoureux transit qui veut l’épouser et qui a adopté sa fille, bâtir un foyer... C’était trop beau pour être vrai. Pourquoi avait-il fallait que cette femme choisisse cette période cruciale de sa vie pour faire son comeback? Une idée transperça son esprit bouillonnant d’hypothèses : Daniel avait des problèmes de fertilité, comment cette femme pouvait-elle clamer que cet enfant était celui de Daniel et pourquoi maintenant? Ça n’avait aucun sens! Un tic nerveux poussa Daniel à faire craquer les articulations de ses doigts. Il avait l’impression que c’était une éternité depuis qu’elle s’était enfermée dans un mutisme et son visage ne reflétait aucune émotion. C’était bien Catherine, une force calme de la nature et c’était ça qui l’effrayait le plus. N’y tenant plus, il brisa le silence :
-S’il te plait Renaude, dis quelque chose.
   Catherine s’arrêta et lui fit face. Elle était toujours très calme, dangereusement trop calme.
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L'appel de son corps

Je suis si embrasée par la passion Que mon corps peine à contenir ce feu incandescent Qui s’est emparé de mon être sans crier gare....