samedi 12 août 2017

Coin lecture pour découvrir mon roman part 1


Afin d'inciter davantage de personnes à lire mon roman, j'ai décidé de partager quelques chapitres gratuitement sur mon blogue pendant plusieurs jours. C'est pour aiguiser la soif de lecture chez les personnes qui sont encore indécises pour acheter, emprunter ou télécharger mon roman sur Amazon "Forfait parental tout inclus l'intégral". Bien que j'ai fait paraitre deux tomes dans le passé et que j'ai déjà présenté quelques extraits dans des messages précédents, je vais innover cette fois-ci. Pendant une période indéterminée, je vais partager des chapitres de mon roman à un nouveau lectorat afin de rejoindre plus de monde. Sentez-vous libre de laisser vos commentaires sur ce blogue et/ou sur ma page Auteure Amazon.  
Les sections du livre que je vais publier ici seront toujours titrer de cette façon. Il suffit d'y prêter une attention particulière. Les liens pour acheter ou emprunter le livre sur Amazon sont disponible directement sur la page du blogue. 
Sans plus attendre, nous allons commencer par le début. Je vous souhaite une bonne lecture et n'oubliez pas de répandre l'engouement autour de vous. Cordialement, 
Alexa Madrexx





Forfait parental tout inclus

*
Première partie : le bébé tant rêvé!


I

Le plus grand malheur de Catherine

                      On était samedi. Un grand remue-ménage s’effectuait chez les Abellard. Une femme d’un certain âge supervisait les opérations. Ses cheveux crépus gris cendrés étaient ramassés en un chignon strict retenu par deux épingles à cheveux argentées en forme de papillon; ses yeux contournés de ridules nettement creusés éclairaient son visage quand elle souriait. Sous son apparence de femme inflexible, son cœur bienveillant commençait à s’inquiéter. Elle alla à la rencontre d’un homme noir sexagénaire aux tempes grisonnantes et au front large. Il était de grande taille, robuste et avait un corps ferme qui avait fait l’envie de plus d’une femme par des temps lointains. Il appréciait une nouvelle fois sa démarche aisée, mais ce qui la frappait encore, c’était la délicatesse de ses traits ainsi que ses yeux vifs que l’âge n’avait pas pu en ternir l’éclat. Pourtant ce matin, ces yeux étaient éteints par l’inquiétude.
-Catherine n’a toujours pas appelé, dit-elle à l’homme.
         C’était son mari, Paul Abellard.
-Tu ne devrais pas t’inquiéter autant. Tu sais bien qu’elle est absorbée par son travail. Si j’étais toi, je ne compterais pas trop sur sa présence.
-Elle ne peut pas me faire ça! répliqua-t-elle révoltée avec une voix qui demeurait tout de même de basse fréquence. Se tuer au travail et négliger sa famille! Henri et Martine tenaient à ce qu’elle soit là. Je ne peux pas m’imaginer leur dire qu’elle ne viendra pas et…
        Elle soupira. Paul encercla son épaule de son bras pour l’attendrir.
-Calme-toi Mathilde. Il est encore tôt. Pense aussi à toutes les personnes qui sont à sa charge. Ce n’est pas une mince affaire, tu sais. J’ai une meilleure idée : appelle-la pour savoir si elle compte venir. Je vais superviser les préparatifs à ta place.
-Merci, murmura t-elle en acceptant le baiser tendre qu’il déposa brièvement sur ses lèvres.
        Elle attendit qu’il sorte avant de se diriger vers le téléphone. Paul avait raison : elle se comportait souvent comme une femme ingrate vis-à-vis de sa fille. Catherine, pédiatre reconnue dans tout le pays, plus particulièrement à la capitale, dirigeait depuis quelques années l’organisme non gouvernemental « La Main Tendue » basée à Tabarre, à deux kilomètres et demie du centre de jeux Bojeux Parc. L’imposant bâtiment était logé au fond d’une longue cour boisée sur lequel était peint les personnages légendaires des bandes dessinées Disney et ressemblaient davantage à une garderie d’enfants qu’à un centre d’accueil pour enfants démunis. Il abritait également dans ses locaux une clinique de pédiatrie privée et de médecine interne en expansion. Regroupant au début une trentaine d’enfants qui étaient nourris et revêtus, « La Main Tendue » accueillait actuellement plus d’une centaine d’enfants orphelins ou abandonnés par des familles défavorisées.
        Elle composa le numéro du bureau et chose qui se produisait rarement, ce fut Catherine elle-même qui répondit.
-Bonjour maman, tu vas bien? Lança celle-ci joyeusement dès qu’elle reconnut la voix.
-On se maintient chérie, on se maintient, répéta Mathilde sans grand enthousiasme. Tu n’es pas trop occupée?
-Je suis submergée par le travail comme d’habitude mais je peux bien prendre quelques minutes de mon temps pour te parler, lui fit –elle remarquer d’une voix douce et mélodieuse.
-Tu ne te fatigues pas trop au moins?
-Je m’accorde souvent quelques minutes de repos mais avec les piles de dossiers que j’ai à consulter ce weekend, je n’ai pas vraiment une minute à moi. Comment va papa avec sa tension artérielle?
-Il a vu son médecin cette semaine. Depuis il se porte comme un charme. Catherine? Avança celle-ci sur un ton de reproche.
-Oui maman…
-Quel jour on est dis-moi?
-Samedi sept juin pourquoi?
-Cette date ne te dit rien?
-Pas que je sache non. J’ai manqué quelque chose? S’enquit la jeune femme avec un brin d’agacement dans la voix.
-As-tu oublié par hasard que ton frère Henri et sa femme, ta bonne amie Martine, célèbrent leur seizième anniversaire de mariage et qu’on organise une fête à la maison en leur honneur cet après-midi? Demanda sa mère d’une voix tremblante de colère.
-C’est aujourd’hui? S’étonna-t-elle à l’autre bout du fil. Attends…
      Mathilde l’entendit feuilleter un carnet, son agenda sans doute puis un silence gênant s’installa au bout du fil.
-Bien sûr! Rétorqua cette dernière en laissant éclater sa colère avec une voix à la tonalité  contrôlée. Tu as oublié comme toujours d’ailleurs! Tu as été leur demoiselle d’honneur et la première personne  qu’ils s’attendent à voir c’est toi. Mais tu es assise à ton bureau à te tuer au travail jusqu’à vingt-trois heures pour recommencer à huit heures le lendemain! Qu’en est-il des gens que tu aimes? Que vas-tu gagner à donner ton temps à tous ces gens qui ne comprennent rien?
-La satisfaction et la gratitude des gens que j’aide, répondit calmement Catherine.
-Foutaises! Tu avais dû te battre contre le gouvernement et le Ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports sans oublier le Ministère de la Santé Publique pour ouvrir ton organisme. Ils se font complimenter chaque jour pour une telle innovation alors qu’ils se sont contentés de te remettre une plaque insignifiante de remerciements après t’avoir mis des milliers fois, sinon plus, des bâtons dans les roues. Ta famille représente tout pour toi mais tu la négliges chaque jour. Bon sang Cathy! Pour un jour ou deux La Main Tendue peut bien se passer de toi ma chérie!
-Maman, je suis la PDG de cet organisme qui est maintenant reconnue sur la scène internationale. Nous sommes un des partenaires directs de l’UNICEF sur le terrain. Je ne peux pas me permettre  de perdre mon temps dans des choses de second ordre!
       Catherine se mordit les lèvres à la suite de sa dernière réplique mais elle l’avait échappée tellement que sa frustration était démesurée. Sa mère semblait, Dieu merci, n’en avoir pas pris conscience de sa bourde car elle relança sans se choquer :
-Et Roberta grands dieux? On dirait que tu mets tout sur tes épaules. Elle est ta directrice générale tout de même!
-Tu as raison oui mais ça ne change en rien ce tout ce que je viens de te dire.
-Et voilà! Explosa sa mère. Tu te remets à tourner en rond. Tu as trente-trois ans, lui rappela-t-elle d’une voix tristement radoucie. Ta vie professionnelle est une réussite mais si tu continues sur cette lancée, tu risques de te réveiller un matin, âgée de cinquante ans sans mari et sans enfants. A ce moment-là, je ne serai peut-être plus là mon trésor pour te venir en aide. Je…
-Écoute maman, coupa-t-elle fortement agacée, comme je te l’avais dit tantôt, j’ai beaucoup de travail. Je dois te laisser. Tu diras à Henri de ne pas compter sur ma présence. Au revoir maman.
       Elle raccrocha avec un soupir rageur après s’être assurée que le téléphone eut bien touché le combiné après avoir interrompu la communication. Elle se leva pour se rendre à la plus grande fenêtre de son bureau qui donnait sur la cour. Du quatrième étage, elle pouvait nettement distinguer la silhouette des enfants qui jouaient dans le petit parc aménagé sur quelques centaines de mètres, assez loin de l’allée principale par mesure de sécurité. Les uns faisaient de la balançoire, d’autres sautaient dans des pneus ancrés dans le carré  sableux ou se bousculaient pour escalader un obstacle de tiges de fer monté sous le regard attentif des moniteurs qualifiés. Les enfants devaient aussi attendre impatiemment l’heure du goûter de midi. De coutume, cette vue lui procurait une paix intérieure. Pourtant ce spectacle ne l’enchantait pas en ce moment. Elle était préoccupée par les propos de sa mère qui était devenue une inlassable leçon qu’elle lui répétait jusqu’à ce que le souffle doive lui manquer depuis ces derniers mois. Quand elle avait eu l’idée de créer « La Main Tendue », elle venait de finir sa résidence en médecine et d’obtenir son diplôme avec mentions d’honneur et de mérite en plus d’avoir été lauréate de sa promotion. Depuis deux ans, elle travaillait dans une clinique privée  d’un médecin de  l’hôpital universitaire de Médecine de l’État d’Haïti, Thomas Lafontant. Comme il était aussi pour elle un grand ami, elle lui avait fait part de son rêve et l’avait beaucoup aidée. D’abord, il lui avait déniché une maison au centre-ville de Port-au-Prince dès qu’elle avait su qu’elle ne recevait aucune aide concrète du ministère de la santé si elle ne faisait pas preuve de leadership. Le quartier était devenu peu sécuritaire pour ses petits protégés tandis que la maison peinait à répondre aux besoins et défis rencontrés tant l’espace ne pouvait répondre à la demande. Les enfants restaient sur leurs responsabilités pendant quelques semaines et voire des mois avant d’être relocalisés dans des familles d’accueil ayant été  évaluées au préalable par les services sociaux. Toutefois, la réalité sur le terrain faisait en sorte que leurs petits protégés restaient avec eux jusqu’à ce qu’ils eurent atteints l’adolescente. Alors, elle s’était mise en quête d’un endroit beaucoup plus grand et plus paisible. Quelques mois s’étaient écoulés sans qu’elle n’ait rien trouvé. Un soir, elle était entrain d’écouter l’émission hebdomadaire « On achète et on vend » sur les ondes de la station de radio Univers Fm quand l’animateur avait annoncé qu’un bâtiment flambant neuf de quatre étages, logé au fond d’une cour boisée était à vendre. Les propriétaires quittaient la capitale pour aller s’installer à Jacmel et avaient souhaité vendre la maison dans les plus brefs délais. Elle avait noté les coordonnées pour prendre contact avec la personne ressource. L’endroit l’avait plu du premier coup d’œil; son ami, Thomas Lafontant l’avait pressée d’accepter l’offre. Dix-huit mois avaient suffi pour installer les dortoirs, les toilettes et douches, la salle à manger collective et la cuisine, la salle de jeux, la salle de réunion, les trois cabinets médicaux ainsi que les bureaux principaux.  Elle avait commencé à travailler seule ardemment tout en complétant une maitrise en administration des affaires; par la suite, Roberta Davidson l’avait rejointe. Elle s’était révélée une bonne collaboratrice et très douée pour les questions de gestion administrative. Physiquement, elles étaient différentes telles le jour et la nuit : Catherine était une jeune femme noire au teint café au lait de taille moyenne, au-delà d’un mètre-soixante-deux, la poitrine assez généreuse, la taille fine mais les hanches rondes et les fesses rebondies; ses cheveux qui lui arrivaient sur la nuque quand ils étaient tirés en arrière, ils étaient toujours coiffés de manière simple. Elle ne se maquillait presque jamais pour se présenter au travail : ses épais sourcils noirs auraient été pourtant magnifiques si elle les avait savamment dessinés. Elle savait aussi que sa bouche en forme de cœur était qualifiée de sensuelle par bien des hommes mais elle s’en moquait. Tandis que Roberta était une brune élancée d’une beauté arrogante : elle se maquillait toujours pour venir au bureau, changeait la  couleur et la coupe de sa chevelure à la moindre occasion. Elle était très exigeante et avait parfois la désagréable habitude de s’entêter pour quelque chose d’insignifiante. Catherine avait hérité du sang-froid de sa mère avant qu’elle devienne paranoïaque à cause de son célibat et du caractère ferme et intransigeant de son père. Ces deux traits de caractère l’aidaient beaucoup dans sa collaboration avec sa directrice générale.
         Deux coups secs furent frappés sur sa porte et Catherine fût ramenée dans le présent.
-Tu peux rentrer Roberta, invita-t-elle d’une voix un peu lasse.
        C’était effectivement elle en tailleur pantalon et cheveux en cascade. Les verres de contact qu’elle portait lui donnaient le regard d’un chien rusé qui allait bien avec son teint café au lait, un peu plus pâle que la sienne.
-Tu regardais encore ces enfants? Je ne vois pas ce que tu peux les trouver en les lorgnant des heures, remarqua celle-ci de manière désinvolte tout en roulant de grands yeux.
-Je replonge dans les années de mon enfance. Je suis bien libre de le faire, non? répliqua Catherine avec un sourcil levé.
        Roberta haussa les épaules. Elle la dévisagea d’un air critique avant de s’exclamer :
-Ce complet est magnifique mais c’est la troisième fois que tu le mets depuis deux semaines…
-Et…
-Voyons Catherine, tu es PDG. Tu devrais…
-La qualité vaut mieux que la quantité! répliqua-t-elle d’une voix posée mais ferme. Je suis toujours bien mise, mes vêtements sont propres, je ne choque personne et j’ai le respect de tout le monde ici, du moins je crois.
         Son ton direct ne démonta pas pour autant sa directrice générale. Elle souriait!
-Ta garde-robe a dû en pâtir la pauvre!
-C’est bien le cadet de mes soucis. Elle a l’essentiel, je m’en contente. Donc, tu me déranges pour venir me faire une leçon sur ma tenue vestimentaire?
-Non heureusement sinon on y passerait l’après-midi, riposta gaiement celle-ci. L’architecte ne viendra pas. Il te prie de l’excuser. Il a un empêchement majeur apparemment.
-Bon sang! S’impatienta Catherine, c’est la cinquième fois qu’il me fait ce coup là ! J’en ai assez, je ferai appel aux services d’un autre architecte.
-Voyons Catherine!
-Oui et je le ferai. Il a eu plusieurs secondes chances pour ainsi dire, il les a toutes ratées! Tu n’as pas d’autres rendez-vous? Lui demanda-t-elle d’un ton cassant pour ne pas avoir à endurer davantage une nouvelle critique sur un autre aspect de sa vie privée.
-Dieu merci, je suis libre tout l’après-midi, toi aussi d’ailleurs, lui rappela Roberta avec un sourire moqueur du coin des lèvres. Tu dois en profiter ma chère car tes moments de repos sont tellement rares.
-Pourquoi pas? Je vais visiter les enfants au dispensaire avant de rentrer.
-Comme tu voudras. Moi je file! Ciao!
       En la regardant sortir en sautillant, la jeune femme se demandait encore  comment Roberta avait-elle pu devenir pédiatre. Catherine chassa cette idée de son esprit avant de quitter son bureau.

               Au volant de sa Suzuki Vitara sport de couleur Atlantis turquoise Pearl et Noire Pearl cosmique métallique, elle réfléchissait à son itinéraire. Elle n’avait pas l’habitude de rentrer chez elle aussi tôt. Elle se rappela soudainement que huit semaines s’étaient déjà écoulées depuis sa dernière permanente. Elle se retrouva donc aussitôt chez sa coiffeuse qui se trouvait à être son amie d’enfance, Naomi Larochelle qui détenait un grand salon de coiffure unisexe sur la route des Frères, proche de Pétion-Ville. Dès qu’elle poussa la porte d’entrée, elle entendit un enfant crier;
-Maman! Maman! Un client!
       Avec une démarche posée et cadencée, une jeune femme vint à leur rencontre. Elle avait le profil type d’une esthéticienne à qui l’on pouvait confier sa beauté sans aucune hésitation : elle était belle, toujours bien mise, maquillée et coiffée à la dernière mode en vogue. Quand elle reconnut Catherine, elle accéléra le pas.
-Tu es en congé aujourd’hui? Lui demanda Naomi en l’embrassant chaleureusement. De coutume, tu finis toujours très tard.
-L’architecte avec lequel j’avais rendez-vous ne s’est pas présenté. Judel, viens m’embrasser, lança joyeusement Catherine à son filleul en lui tendant les bras.
        Le petit garçon de quatre ans vint vers elle en courant, posa rapidement les lèvres sur sa joue tendue puis repartit au galop.
-Tu crois que tu pourras faire quelque chose pour mes cheveux? demanda-t-elle sachant pertinemment les pensées de son amie à ce sujet.
        Naomi les toucha d’une main experte pour les examiner.
-Il n’est pas trop tard mais si tu continues ainsi, tu te réveilleras un beau jour et tu les retrouveras sur ton oreiller, objecta-t-elle pince-sans rire.
-On croirait entendre ma mère, ronchonna Catherine.
-Tu ne dois pas être pas te rendre à la fête organisée en l’honneur d’Henri? J’y vais moi-même.
-Non, répondit-elle laconiquement.
-Pourquoi?
-J’ai déjà dit à ma mère ce matin que je ne serai pas de la partie.
-On pourra en discuter, proposa Naomi tout en ouvrant la boîte de la permanente. Il est encore tôt. Je vais profiter de t’appliquer un masque et de te faire une manucure ainsi qu’une pédicure, lui annonça-t-elle tout de go. Tu te négliges trop!
-Ne me transforme pas s’il te plaît en mannequin de vitrine! Riposta-t-elle faussement horrifiée. Je n’ai pas envie qu’on se moque de moi.
-Confiance ma chérie, susurra son amie. Tu es entre les mains de Naomi Larochelle.
      Catherine poussa un soupir de résignation avant de prendre un magazine sur le comptoir. Naomi s’activait à appliquer le mélange formé par la crème assouplissante et le liquide activateur dans ses cheveux.
-Beaucoup trop de repousses, remarqua-t-elle tout haut tout en continuant son travail.
    Elle lui demanda ensuite de pencher la tête vers l’arrière et lui appliqua une pommade verdâtre sur son visage.
-Qu’est-ce que c’est? S’écria Catherine plus dégoutée qu’affolée.
-De l’argile. Ferme donc la bouche et les yeux avant que tu ne meures intoxiquée par ma faute! S’impatienta Naomi.
-Et pourquoi l’utilise-t-on s’il te plait?
-Pour nettoyer la peau grasse, ce qui diminue du coup le risque d’avoir des points noirs : elle absorbe l’excès de sébum, lui expliqua t-elle.
-Charmant! C’est exactement ce qu’il me fallait.
      Catherine n’avait pas l’air très convaincue mais son ton n’était pas sarcastique pour autant. Quelques longues minutes plus tard après avoir rincé le shampoing et enlevé le masque, Naomi lui  présenta un miroir.
-Je sens ma peau beaucoup plus douce.
-Je te l’avais dit! Triompha son amie en lui mettant des bigoudis dans ses cheveux humides qui bouclaient déjà naturellement au contact de l’eau. J’aime bien tes sourcils mais ils méritent d’être redessinés.
-Quoi? S’écria Catherine. Tu n’oseras pas!
      Munie d’une pince et d’une cire tiède, Naomi lui enlevait déjà ce qu’elle jugeait de trop. En son fort intérieur, Catherine se maudissait d’être passée la voir. Elle maugréait pour se regarder dans le miroir derrière elle mais Naomi avait pris soin de la tourner face à elle pour mieux travailler. Pendant que Catherine était sous le sèche-cheveux, son amie lui fit les ongles de mains et de pieds sur lesquels elle appliqua un vernis Avon Casablanca. Catherine refusa la manucure française proposée en disant qu’elle avait suffisamment subi de transformation esthétique imprévue pour la journée. Comme il était pratiquement  dix-sept heures, Naomi retourna la pancarte sur « FERMÉ ». Laissant la jeune femme seule un instant, cette dernière monta dans  son appartement situé à l’étage supérieur de son salon. Une fois seule, Catherine lorgnait les ongles de ses mains puis celles de ses pieds. Elle regretta encore une fois d’être passée chez Naomi. Celle-ci avait toujours guetté l’occasion favorable pour la réviser de la tête aux pieds. Ne lui répétait-elle pas souvent, tout comme sa mère d’ailleurs, que si  elle prenait méticuleusement soin de son apparence qu’elle serait davantage plus belle? Non, Naomi disait un autre mot plus significatif…plus désirable! Désirable? Catherine n’avait pas envie d’être désirable : elle préférait s’affirmer par ses capacités et ses performances cérébrales et non par ses attraits physiques. Elle jeta encore un coup d’œil dans le grand miroir accroché au mur. Elle devait tout de même avouer que ses sourcils ainsi dessinés adoucissaient son regard et lui donnaient du même coup un brin de sensualité.
      Naomi revint enfin avec un paquet bleu sous les bras.
-Encore des produits et des appareils pour me massacrer? Marmonna Catherine visiblement apeurée.
-Ton cadeau d’anniversaire, précisa Naomi. Comme on ne s’était pas vu pendant longtemps, je te le donne maintenant.
       Elle marmonna un merci à peine audible. Son anniversaire avait eu lieu un mois auparavant; elle ne s’était pas présentée au souper d’anniversaire que ses parents avaient organisé en son honneur. Sa mère avait hurlé de rage au téléphone quand elle les avait appelés tard dans la soirée pour avoir de leurs nouvelles parce qu’une fois encore, elle avait oublié un évènement familial important. Mathilde l’avait traitée de tous les noms du monde et en avait sans doute inventés quelques uns. Unr fois de plus, son père avait réussi à la calmer. A ce souvenir, Catherine eut un début de migraine. Elle ouvrit le paquet pour découvrir un sac de cosmétique gris. Réprimant un sourire moqueur, elle l’ouvrit par réflexe et découvrit sans grande surprise qu’il contenait toute une gamme de produits Maberline New York. Elle l’embrassa sur les deux joues et lui promit d’en faire bon usage.
-Je t’ai aussi apporté une robe, ajouta Naomi.
-Une robe? Répéta Catherine non sans surprise.
-Oui. Tu ne comptes pas te rendre en tailleur à la fête d’Henri tout de même! Rétorqua Naomi indignée.
-Je n’irai pas! Lança Catherine catégoriquement.
-Je sais que tu peux être entêtée quand tu t’y mets mais tu as déjà manqué sept anniversaires dans la famille depuis ces deux dernières années. C’est suffisant, tu ne trouves pas?
-Toi aussi tu t’y mets? Ah non! C’est assez! Maman, Roberta ensuite toi dans la même journée...
-Calme-toi ma chérie, la pression est trop forte, l’intima doucement Naomi en prenant une bonne respiration pour l’inciter à faire de même. Sans doute à cause de la chaleur que tu te sens aussi stressée. Tu peux te rafraichir à l’étage. Allez, suis-moi!
       À bout d’arguments, elle la suivit dans l’escalier.
 - Qu’attends-tu pour descendre? Cria Naomi du bas de l’escalier en trépignant d’impatience une quarantaine de minutes plus tard.
-Vas-y sans moi, lança-t-elle d’une voix comprimée en haut de l’escalier mais hors de son champ de vision.
-Bon sang Catherine! Il est maintenant dix-neuf heures. Dépêche-toi! Tu es agaçante à la fin!
-Me voici. Méconnaissable comme il fallait s’y attendre! Jugea-t-elle d’un ton morose.
       Catherine descendit dans une robe avec un col Mao à motifs or et noir sur fond bleu nuit pourvue de manches courtes. Comme la robe était celle de Naomi, celle-ci étant plus mince qu’elle, la robe épousa ses courbes devenant ainsi plus courte. Son amie s’extasia :
-Splendide! Merveilleuse! Brushing parfait, maquillage léger! Tu es vraiment sexy et j’espère qu’on ne se lassera pas de te le faire remarquer ce soir.
-Je n’aimerais pas trop en faire! Je ne me reconnais plus!
-Tant mieux. Puis cesse de te geindre! Lui intima t-elle avec ce même ton sans réplique qui ne démontait jamais Catherine. Pour un jour, ça ne va pas te tuer. Ma mère garde Judel jusqu’à demain après-midi donc tout va bien. On y va?

                  Dans la maison des Abellard à Delmas 75, la fête battait son plein. La majorité des invités étaient là : la plupart était les membres de la famille, des amis proches du couple ainsi que des collègues de travail ou d’anciens camarades d’école ou de faculté complétaient le nombre des invités. Paul était accaparé dans une conversation passionnée avec des amis tandis que Mathilde lançait de temps en temps des regards remplis d’espoir à la porte d’entrée en distribuant des sourires polis à ses invités au passage. Un homme tentait de la rassurer à la carrure imposante qui ressemblait beaucoup à Paul mais avec des traits plus jeune que ce dernier. C’était Henri son fils aîné âgé de trente-six ans. Vanessa, de deux ans sa cadette, était elle aussi présente sans oublier les jumeaux âgés de trente-quatre ans Béatrice et Claude ainsi que Joanne, âgée de quarante ans la fille issue du précédent mariage de Paul. Tous étaient mariés, avaient des enfants, en attendaient ou planifiaient. Claude vivait en Floride avec sa femme et leurs  deux jeunes enfants. Les sœurs Abellard étaient en général échaudées pour ne pas dire passionnées et extravagantes, soucieuses de leur apparence et des adeptes de la mode. Tout le contraire de Catherine. Elle était la benjamine de la famille. Elle était aussi la plus calme, la bête de travail et la tristement célèbre célibataire de la maisonnée, ce qui ne manquait pas d’inquiéter sa famille, surtout sa mère. Henri lui tapota l’épaule.
-Arrête de t’en faire autant maman, lui dit-il en souriant. Elle est très prise cette semaine. Il ne faut pas lui en vouloir.
-Tout de même, répliqua sa femme Martine, elle aurait pu faire un effort!
       Mathilde hocha la tête d’un air réprobateur. Henri secoua la tête. Parfois, il trouvait que sa mère et sa femme jugeaient beaucoup trop sévèrement sa sœur. Catherine était celle de la fratrie qui était la plus proche de lui et était aussi sa confidente. Elle seule savait le comprendre. Mais il ne pouvait pas prétendre que son célibat prolongé lui importait peu.
       Joanne et Stéphanie, la fille d’Henri et de Martine âgée de quatorze ans vinrent à leur rencontre.
-Tilda, dit Joanne d’une voix légèrement nasillarde, trois personnes viennent de rentrer mais je n’ai pas pu les identifier.
-Je m’en charge.
       Mathilde se dirigea d’un pas gracieux vers la piscine à l’arrière cour où deux femmes venaient d’entrer par le portail arrière. Elle reconnut tout de suite Naomi accompagnée de son mari Enock Casséus qu’elle salua chaleureusement. Comme elle ne savait pas si sa mère faisait semblant de ne pas la reconnaitre, Catherine lança d’une voix presqu’acide :
-Bonsoir maman.
-Catherine! s’exclama sa mère avec des yeux arrondis par la surprise. C’est toi qui as fait ça? demanda-t-elle à Naomi. Compliments! Le résultat est étonnant. Je suis tellement heureuse que tu ais pu venir finalement ma chérie.
-Naomi m’y a forcée, avoua Catherine à contrecœur.
-Merci, murmura-t-elle à la jeune femme en la gratifiant d’un sourire.
      En les prenant chacune par un bras, Mathilde les entrainant plus qu’elles ne marchèrent dans la grande salle de séjour où s’étaient réunis les membres de la famille. Catherine se montrait réticente et raide, Naomi paraissait flotter sur un nuage.
-Regardez qui nous ont honorés de leur présence, annonça-t-elle joyeusement à la bande.
-Naomi! S’écrièrent joyeusement en cœur  Béatrice, Vanessa et Henri. Claude qui venait d’arriver accompagné de sa femme, donna une belle accolade à Enock et embrassa Naomi avant de prendre Judel dans ses bras.
       Seule Joanne reconnut Catherine du premier coup d’œil.
-Catherine! S’étonna-t-elle. Mon Dieu que tu es ravissante! Qui t’a transformée ainsi?
       Béatrice, un verre d’apéritif sans alcool dans une main, plaqua l’autre sur sa bouche en guise d’effarement. Après que Catherine eut salué son père, les femmes l’entourèrent.
-S’il vous plaît, les pria-t-elle. Je ne suis pas un animal en voie d’extinction exposée dans une fête foraine.
-Naomi ma chère, tu sais faire des miracles, remarqua Vanessa. Je passe lundi, ça te va?
-Quand tu veux ma chère, répondit celle-ci avec une pointe de fierté dans la voix.
       Catherine lui lança un regard incendiaire qu’elle ignora avec un rire chantonnant.
-Tu te négligeais trop, enchaîna Béatrice avec son air le plus sérieux en mettant une main sur ses hanches arrondies par sa grossesse. Tu es belle mais tu camoufles si souvent tes attraits que tu parais moche parfois.
-Je ne suis pas venue ici pour entendre tous commentaires sur mon apparence. Je n’ai même pas encore eu l’occasion de parler à Henri et à Martine, s’impatienta-t-elle. Donc, mesdames, je vous prie de m’excuser.
       D’un pas décisif, elle se dirigea vers les toilettes pour retirer son maquillage qui lui avait voulu trop d’attention à son goût mais elle dut battre en retraite car la file d’attente fut assez longue. Avec un soupir de résignation, elle revint sur ses pas. A l’entrée du salon, elle croisa Henri avec une petite assiette d’hors-d’œuvre à la main.
-Je te cherchais, lui dit-il.
-Moi aussi, sourit-elle.
-Tu es resplendissante.
-Comme une poupée de porcelaine? Avança-t-elle pince-sans-rire.
-Non, comme Catherine. Je t’ai apporté des tresses royales.
-Mmm! Mes préférés!
-Viens t’asseoir avec moi sur l’escalier.
-Je te souhaite tous mes vœux de bonheur pour cette nouvelle étape de ton mariage avec Martine. Je n’ai pas de cadeaux parce que je m’y suis prise malheureusement trop tard, admit-elle légèrement honteuse.
-Tu es là, c’est l’essentiel. Je pensais que tu n’aillais pas venir.
     Elle ne dit rien. Elle aimait parler à son frère parce que c’était le seul qui ne lui miroitait pas le vide de sa vie sentimental devant ses yeux. Il était aussi son meilleur ami.
-Tu fais un travail formidable; tu t’occupes d’enfants démunis à qui tu redonnes le goût de vivre, une raison d’exister, de croire en leur avenir. Tu as toujours été une battante. C’est pour l’une des raisons pour laquelle je t’apprécie énormément. Mais, as-tu une fois pensé à toi, à ton avenir?
-C’est maman qui t’a demandé de me parler?
        Il hocha négativement la tête. La jeune femme se détendit. Au moins, Henri n’allait pas la noyer dans un lot de reproches.
-Pour fonder une famille, reprit-elle, il faut trouver quelqu’un…
-T’es-tu au moins donnée la peine de  le chercher ou de le laisser venir à toi? Tu n’as pas toujours le temps je sais, s’empressa-t-il d’ajouter voyant qu’elle était prête à riposter. Si c’est ce que tu veux ma belle, je n’y vois aucune objection. Mais si c’est un rythme que tu t’imposes qui finit par t’étioler à petit feu alors il faudra revoir tes plans.
         Une voix masculine grave empreinte de chaleur interpela son frère au même moment. Un homme d’environ du même âge qu’Henri vint à leur rencontre. Catherine fit la grimace. Daniel Théodore, le meilleur ami de son frère avait le don de la faire sortir ses gonds : il la taquinait sans arrêt sur sa vie personnelle comme si la famille toute entière liguée déjà contre elle ne suffisait pas et prenait un malin plaisir à la harceler dans les limites de la normale. Il y avait toujours eu une sorte de relation amour-haine entre eux et la jeune femme s’était finalement persuadée qu’elle devait le tolérer car il était depuis longtemps un membre à part entière de sa famille nombreuse. Il avait beau être gentil et avoir du succès auprès de la gent féminine, elle ne le trouvait pas moins exaspérant. Il la dépassait d’au moins une quinzaine de centimètres, son corps mince mais pourtant musclé avaient parfois agrémenter les fantasmes de ses sœurs durant leur adolescence. Elle le trouvait elle aussi séduisant mais il avait un petit côté désinvolte qui l’agaçait. Non, se répéta t-elle, définitivement pas son genre d’homme.
       Daniel plissa les yeux, recula d’un pas pour la détailler du regard.
-Catherine ma chérie, tu sors d’un magazine de mode?
-C’est bon, fit la jeune femme un brin sardonique, je te vois bien même sans mes lunettes.
       Il eut un sourire au coin, un sourire moqueur, un brin rusé qui l’agaça fortement.
-Martine te cherchait pour ouvrir le bal, annonça-t-il à Henri.
      Celui-ci se leva.
-Bon j’y vais. Le devoir m’appelle. Tu veux bien tenir compagnie à Catherine pour moi? Je ne supporte pas de la voir s’isoler dans son coin.
-Pas de problème mon vieux, s’empressa de répondre Daniel avant qu’elle pût riposter. Tu peux t’en aller en toute quiétude.
-Alors, poursuivit-il en prenant la place d’Henri sur la marche d’escalier, tu as quelqu’un présentement dans ta vie ou un amant caché dans ton placard qui attend impatiemment ton retour pour que tu sois aussi resplendissante?
-Si c’était le cas, je me ferais un plaisir de me pavaner à ses bras simplement pour te faire ravaler toutes tes dents! Rétorqua t-elle piquée au vif. Tu n’as rien à faire que d’être sur mon dos à longueur de journée?
-J’aime quand tu es fâchée, c’est la seule façade plus ou moins agréable que tu m’offres de toi. Tes jambes sont très jolies.
        Sans crier gare, il frôla sa cuisse proche de lui à l’aide de son index simplement pour l’agacer. Elle l’écarta d’une tape avant de ramener la robe qui avait glissé à mi-cuisses sur ses genoux tant bien que mal. Ce geste lui valut un sourire moqueur qui laissait entrevoir ses dents blanches parfaitement alignées.
-Je t’interdis de me toucher! Siffla t-elle prête à se lancer dans une joute verbale.
-Je te faisais un compliment.
-Et bien, je n’aime pas tes compliments! Tiens, tiens où est passée ta fiancée? Tu as écourtée son droit de séjour auprès de toi?
-Oui ma chère, me revoici de nouveau libre. Serais-tu intéressée?
-Non merci, sans façon! Je m’ennuie, soupira-t-elle.
-Viens danser avec moi, l’invita t-il.
-Non, je n’en ai pas envie.
-Allez!
       Faisant fi de ses protestations, il l’entraina dans la salle de séjour que l’on avait converti en salle de danse pour l’occasion. Henri et Martine évoluaient au milieu de la piste au rythme de la musique compas love tandis que ses sœurs non loin d’eux se prélassaient au bras de leurs maris. Daniel alla au milieu d’eux puis entreprit d’encercler sa taille de son bras et lui prendre sa main libre pour la guider selon le rythme musical. Elle devait bien s’avouer qu’il savait bien danser. Au début raide comme un piquet, elle se détendit peu à peu dans ses bras et se permit de s’amuser. Ils dansèrent sur plusieurs morceaux musicaux sans que Catherine ne se montrât désagréable. Le reste de la soirée se passa sans incidents.
             Vers vingt-deux heures le dernier invité était parti. Catherine était avec sa mère dans la salle de séjour pour remettre un peu d’ordre.
-Je te remercie d’être venue, lui dit sa mère pour la centième fois.
-Maman, j’avais tout l’après-midi de libre puis j’avais croisé Naomi qui m’avait pratiquement mise au pied du mur. Je n’avais donc aucune excuse plausible.
-Tu as ébloui tout le monde surtout tes sœurs, ajouta Mathilde les yeux brillants de fierté.
-Je me suis présentée à ta fête vêtue de façon inhabituelle. Ce n’était pas moi. Il ne faut donc pas trop t’y habituer. Je suis médecin, pas mannequin, rappela t-elle avec sa logique implacable.
-Tu étais tout de même superbe ce soir; tu m’as laissée sans voix.
      Catherine se contenta de balayer la pièce du regard : tout était impeccablement rangé à sa place.
-Je dois partir maintenant, il se fait tard. Où est papa?
-Il est monté se coucher; il est si fatigué. Dépêche-toi de filer. Je n’aime pas trop te voir conduire sur l’autoroute de Delmas à une heure pareille. Fais attention à toi et merci encore.
-Bonsoir maman, souhaita-t-elle en l’embrassant.
        Installée dans sa voiture, Catherine passa le contact. Quelqu’un frappa plusieurs coups sur sa vitre. Surprise, la jeune femme tourna la tête dans leur direction. Elle grimaça : Daniel. D’une simple commande automatique, elle descendit la vitre à contrecœur.
-Quelque chose ne va pas? S’enquit-elle en gardant son calme.
-Tu allais donc partir sans m’embrasser après cette superbe soirée? Lança-t-il un brin accusateur.
-Je pensais que tu étais parti aves les invités, dit-elle sur le même ton de la plaisanterie en appuyant sur l’accélérateur pour chauffer le moteur afin de lui montrer qu’elle était sur le point de décamper.
-Il y a quelqu’un qui t’attend chez toi?
-A part mon chat Fifi, personne d’autre.
-Tu veux me faire croire que mise comme tu es, tu vas demeurer seule cette nuit? Tu sais quoi? Il se trouve que je suis libre s’il te faut une présence masculine.
-La présence de mon chat me suffit amplement présentement. De plus, mon lit n’est pas conçu pour supporter les acrobaties d’une tierce personne. Vraiment navrée mon Daniel, merci d’avoir voulu te sacrifier, ironisa t-elle avec un sourire éblouissant.
-Dommage, murmura-t-il avec un rire léger. Je suis un homme au grand cœur, il m’arrive de m’inquiéter pour moi de temps en temps. Quand je serai vieux entouré de ma femme et de mes enfants sans oublier les petits-enfants, toi tu seras seule dans une maison d’accueil entourée de petits vieux qui penseront avoir encore la main. Ils te feront la cour peut-être mais tu les repousseras en leur disant : « Non, pas d’hommes, je suis une sainte! »
       Rageusement, elle appuya à fond sur l’accélérateur tandis que son rire bruyant et moqueur résonnait encore dans ses oreilles.

(...)
Alexa Madrexx

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1 commentaire:

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        Bonjour tout le monde! Je suis aux anges! Merci Olivier pour ce commentaire qui m'a fait voir des étoiles et le paradis! ...